L'étude menée par la Dress révèle une détérioration sans précédent de la santé mentale des adolescentes et jeunes femmes entre 2021 et 2022. Quelles pourraient en être les causes principales ?
- La santé mentale des jeunes femmes s’est dégradée en 2021-2022.
- Les hospitalisations pour gestes auto-infligés ont fortement augmenté.
- Cette tendance affecte tous les territoires et milieux sociaux.
Une dégradation alarmante de la santé mentale des jeunes femmes
Un rapport alarmant de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) révèle une dégradation inédite de la santé mentale des adolescentes et des jeunes femmes au cours de la période 2021-2022.
Une hausse vertigineuse des hospitalisations
L’étude porte un regard troublant sur les hospitalisations liées à des tentatives de suicide ou à l’automutilation, regroupées sous le terme de « geste auto-infligé ». Les chiffres sont saisissants : en comparaison à la période 2010-2019, les hospitalisations en services de médecine et chirurgie ont augmenté de 71% chez les filles de 10 à 14 ans, de 44% chez les adolescentes de 15 à 19 ans et de 21% chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans.
Pire encore, en psychiatrie, la hausse est vertigineuse, avec une augmentation de 246%, 163% et 106% respectivement pour les mêmes tranches d’âge. Comme l’illustre la Drees, « le taux d’hospitalisations pour geste auto-infligé de la patientèle féminine âgée de 10 à 19 ans a doublé entre 2012 et 2020, puis a de nouveau doublé entre 2020 et 2022 ».
Une tendance généralisée
Cette tendance inquiétante ne se limite pas à une certaine catégorie sociale ou géographique. Elle est généralisée à l’ensemble des territoires, urbains ou ruraux, favorisés ou défavorisés. Il est important de noter que les chiffres restent plus élevés dans les territoires et populations défavorisés.
Stabilité chez les hommes, mais une disparité difficile à expliquer
Paradoxalement, les taux d’hospitalisations pour geste auto-infligé chez les jeunes garçons et hommes de 10 à 24 ans sont stables depuis 16 ans. « La recherche d’un pendant masculin à l’augmentation des gestes auto infligés chez les filles au travers d’une éventuelle hausse des comportements à risque se révèle infructueuse », note la Drees.
En conclusion, ces résultats soulignent l’importance cruciale d’aborder la question de la santé mentale chez les jeunes femmes et d’adopter des mesures urgentes pour renverser cette tendance alarmante.