Google va désactiver par défaut plusieurs fonctions d’IA pour les élèves, d’abord aux États-Unis. Un changement qui touchera aussi la France.
En bref
- Google désactive l’IA par défaut à l’école
- Le changement commence aux États-Unis
- La France sera aussi concernée
Ce qui va changer dans les établissements
Google va désormais laisser ses outils d’IA désactivés par défaut pour les élèves, de la maternelle au lycée. Sont concernés Gemini, Gemini Notebook, Gemini in Classroom et même le moteur de recherche. Les administrateurs scolaires pourront les activer, mais seulement s’ils le décident eux-mêmes.
Le groupe a précisé que ce nouveau réglage serait déployé dans le monde entier, en commençant par les États-Unis, sans donner de date. La France sera donc concernée elle aussi. Pour les établissements, ce n’est pas un détail. On parle ici d’outils présents au quotidien dans les classes.
Pourquoi Google recule maintenant
Ce changement arrive après des mois de contestation. Des parents, des responsables d’établissement et plusieurs élus américains ont dénoncé l’arrivée de l’IA dans l’environnement scolaire, souvent sans vrai choix laissé aux écoles.
Le mois dernier, les sénateurs Richard Blumenthal et Josh Hawley ont réclamé des explications à Google sur l’activation par défaut de ces fonctions sur les appareils scolaires. Et en septembre, les villes de New York et Los Angeles avaient déjà annoncé vouloir restreindre l’accès aux outils d’IA sur le matériel utilisé par les élèves.
À New York, le maire Zohran Mamdani a même accusé Google d’utiliser sa position dominante pour pousser l’IA dans les écoles publiques. Le mot est fort, mais il résume bien le climat.
Le vrai point de friction, c’est la recherche
Le point le plus sensible concerne la recherche en ligne. Chris Phillips, vice-président de Google chargé de l’éducation, a expliqué au New York Times que les fonctions d’IA étaient désormais profondément intégrées au moteur de recherche.
Résultat ? Une école qui refuse totalement l’IA ne pourra pas proposer aux élèves la recherche Google. À la place, ils verront un message indiquant que ce service n’est pas disponible. C’est probablement l’aspect le plus concret, et le plus gênant, de ce dossier.
Derrière la polémique, il y a aussi une inquiétude très simple : l’usage de l’IA pour bâcler les devoirs. C’est l’un des arguments qui revient le plus chez les parents et dans la communauté éducative.
Un virage pour un acteur déjà partout à l’école
Si ce recul compte, c’est aussi parce que Google occupe une place énorme dans l’école américaine. Gmail, Docs, Classroom et les Chromebooks sont largement utilisés, avec plus de 150 millions d’élèves sur Classroom dans le monde.
En août, le groupe avait pourtant ouvert son assistant Gemini aux élèves de tous âges dans Classroom, avec des quiz, une aide guidée et des cartes de révision issues de leurs cours. Dans les écoles ayant déjà autorisé Gemini, cette fonction était activée par défaut. C’est précisément ce réglage que Google inverse aujourd’hui.
À New York, le chatbot Gemini était déjà coupé sur les Chromebooks des élèves. La ville avait aussi demandé la désactivation des résumés générés par IA, l’outil Overview, dans les résultats de recherche. La suite se jouera donc établissement par établissement.