Baisse de la dépense publique prévue par le gouvernement en 2024, première en 9 ans
Selon les prévisions du ministère de l'Économie, nous assisterions à une réduction des dépenses publiques pour la première fois depuis l'année 2015, et cela serait possible en 2024. Cette baisse serait réalisable grâce à l'arrêt des protections tarifaires.
Projections ministérielles : une réduction de la dépense publique anticipée en 2024
Selon le ministère de l’Économie, la dépense publique devrait connaitre une diminution en 2024, une première depuis 2015. Cette prévision est rendue possible par la cessation progressive des boucliers tarifaires.
Un document préparatoire au budget 2024, publié dimanche, annonce une réduction de la dépense publique pour la première fois depuis près de dix ans. Cette prédiction s’appuie sur la fin des aides massives accordées en réponse à la pandémie de Covid-19 et à la crise énergétique.
Selon les « plafonds de dépenses du projet de loi de Finances 2024″, les crédits attribués aux différentes missions de l’État pour 2024, hors intérêts de la dette, s’élèveront à 356 milliards d’euros. Cela représente une baisse de 4,8 milliards d’euros par rapport à 2023. Compte tenu de l’inflation, prévue à 2,6% en 2024 par le gouvernement, cette baisse correspond à une diminution de 3,5% en volume. Gabriel Attal, le ministre délégué aux Comptes publics, qualifie ce premier recul de la dépense publique depuis près d’une décennie d' »historique » dans une interview au journal Les Echos, parue dimanche.
Les boucliers tarifaires : un dispositif en fin de cycle
La majeure partie des économies proviendra de la fin progressive des boucliers tarifaires sur les prix de l’électricité et du gaz, mis en place pour lutter contre l’inflation. Cette mesure représente près de 14 milliards d’euros d’économies. De plus, la fin du guichet d’accompagnement pour les entreprises à forte consommation d’énergie contribuera également à cette réduction.
Parmi les autres pistes d’économie envisagées, les dépenses dédiées au logement devraient être réduites avec la suppression du dispositif Pinel et la refonte du Prêt à taux zéro annoncées en juin. Ces mesures représentent 2,3 milliards d’euros d’économies « à terme » selon Bercy. En outre, le gouvernement espère maîtriser les arrêts maladie et étudie des pistes pour réduire le coût des médicaments, comme l’a indiqué Gabriel Attal dans son interview aux Échos.
Une réintroduction des règles budgétaires
Avec la fin de la crise Covid et le retour à la normale des prix du gaz et de l’électricité, le gouvernement souhaite respecter l’objectif de ramener les déficits publics sous la barre des 3% du PIB. Les règles budgétaires européennes, suspendues pendant la crise sanitaire, seront de nouveau appliquées l’an prochain.
Les domaines environnemental, militaire et éducatif ne seront pas négligés
Malgré les contraintes budgétaires et européennes, certaines missions de l’État bénéficieront de revalorisations. Par exemple, Gabriel Attal a mis en avant un « désendettement vert », avec sept milliards d’euros de crédits supplémentaires dédiés à la planification écologique.
L’éducation nationale, premier ministère en termes de dépense, voit ses crédits augmenter de 3,9 milliards d’euros pour atteindre 64,2 milliards d’euros. Les fonctions régaliennes de l’État, comme l’armée, l’Intérieur et la Justice, sont également revalorisées.
