Le chef de l'État français, Emmanuel Macron, a averti qu'il répondrait "de façon directe et sans compromis" à toute agression visant les citoyens français ou ses intérêts au Niger.
La tension monte entre la France et le Niger
Emmanuel Macron, Président de la France, a déclaré que toute attaque visant les ressortissants français ou ses intérêts au Niger serait accueillie par une réponse « immédiate et sans compromis ». Cette déclaration intervient alors que l’Afrique de l’Ouest, lors d’un sommet extraordinaire qui s’est tenu à Abuja, au Nigeria, le 30 juillet 2023, a fixé un ultimatum d’une semaine à la junte militaire au pouvoir au Niger, menaçant d’un éventuel « recours à la force ». Un blocus économique a également été ordonné.
L’ambassade de France à Niamey, la capitale du Niger, a été la cible de milliers de manifestants favorables au coup d’État militaire. Plusieurs d’entre eux ont tenté d’y pénétrer, mais ont été repoussés par des grenades lacrymogènes. Une plaque portant l’inscription « Ambassade de France au Niger » a été déchirée, piétinée et remplacée par des drapeaux russes et nigériens.
Le Niger, un partenaire stratégique pour la France
Le Niger est un partenaire essentiel pour la France, qui y a déployé environ 1 500 militaires. Le pays est clé dans la lutte contre le djihadisme et fournit également 20% de l’uranium européen. Cependant, la pression s’intensifie chaque jour sur le nouvel homme fort autoproclamé du Niger, le général putschiste Abdourahamane Tiani, qui a renversé Mohamed Bazoum.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union Africaine, ainsi que des pays occidentaux comme la France et les États-Unis, n’ont pas reconnu les « autorités » issues du coup d’État et demandent un retour à l’ordre constitutionnel. La Cedeao a exigé « la libération immédiate » du président Bazoum et le « retour complet à l’ordre constitutionnel ». Si ces demandes ne sont pas satisfaites dans le délai d’une semaine, la Cedeao a promis de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’usage de la force.
Les conséquences potentielles du blocus économique
En réaction au coup d’État, la Cedeao a également décidé de « suspendre toutes les transactions commerciales et financières » entre ses États membres et le Niger, et de geler les avoirs des « responsables militaires impliqués dans la tentative de coup ». Malgré ces mesures, le Premier ministre nigérien Ouhoumoudou Mahamadou a exprimé son optimisme quant aux médiations en cours lors d’un entretien accordé à France 24.
Le Niger, pays sahélien de 20 millions d’habitants, est l’un des plus pauvres du monde malgré ses ressources en uranium. Bola Tinubu, le président du Nigeria, a déclaré que « le temps est à l’action ».
La recherche d’une solution diplomatique
Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger, a annoncé qu’il cherchait à « trouver une sortie de crise négociée » pour libérer son successeur Mohamed Bazoum et « le restaurer dans ses fonctions ». Toute intervention militaire à Niamey a été dénoncée par la junte issue du coup d’État, qui y voit la menace d’une « intervention militaire imminente » en collaboration avec des pays africains non membres de l’organisation et certains pays occidentaux.
Des sanctions et des ultimatums ont déjà été imposés par d’autres pays, notamment la France qui a annoncé la suspension de son aide au développement au Niger. L’Union africaine a fixé un ultimatum de 15 jours aux militaires pour rétablir « l’autorité constitutionnelle ».
Le Niger, un pivot dans la lutte contre le djihadisme
Situé au cœur du Sahel, le Niger est le dernier allié avec lequel la France entretient un partenariat de « combat » contre les djihadistes dans cette région minée par l’instabilité, la précarité et les attaques de groupes djihadistes. Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger est le troisième pays de la région à subir un coup d’État depuis 2020.