Bulgariens choc par l’ouverture des JO conduit à l’interdiction de la ‘propagande’ LGBT+ dans les écoles

Ce mercredi 7 août 2024, le parlement bulgare a voté en faveur d'un amendement d'extrême droite interdisant la "propagande" LGBT+ dans les écoles. Quelles pourraient être les conséquences de cette décision ?

TL;DR

  • Les députés bulgares ont adopté un amendement interdisant la « propagande » LGBT+ dans les écoles.
  • L’amendement s’inspire du modèle hongrois et a été proposé par le parti d’extrême droite pro-russe.
  • La législation a suscité des manifestations et des critiques, notamment concernant la lutte contre le harcèlement scolaire LGBT+.

Adoption controversée d’un amendement anti-LGBT+ en Bulgarie

Le mercredi 7 août 2024, un vote marquant a eu lieu en Bulgarie. L’assemblée nationale a adopté un amendement d’extrême droite rendant illégale la « propagande » LGBT+ dans les établissements scolaires. Cet amendement a été introduit par le parti pro-russe Vazrajdane (Renaissance) et a été adopté avec une grande majorité de 159 voix pour, contre seulement 22 voix contre et 13 abstentions.

Un modèle hongrois controversé

Cette nouvelle législation s’inspire du modèle hongrois, où évoquer l’homosexualité devant des mineurs peut entraîner une amende depuis l’été 2021. L’ « encouragement » d’une « orientation sexuelle non traditionnelle » et d’une identité de genre « différente de la biologie » est désormais illégal en Bulgarie. Ce phénomène est justifié par une soi-disant « normalisation inacceptable de l’orientation sexuelle non traditionnelle » facilitée par la « propagande » actuelle.

Des réactions vives et des manifestations

Cette décision a suscité l’indignation et des appels à manifester dans le pays. Des manifestants sont descendus dans les rues de la capitale Sofia, scandant des slogans tels que « Honte à vous ! ». L’ONG LevFem, à l’origine de ces manifestations, a exprimé ses inquiétudes sur le fait que cet amendement rendrait « toute lutte contre le harcèlement scolaire des jeunes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres » impossible.

Radoslav Stoyanov, vice-président du comité Helsinki bulgare de défense des droits humains, a également critiqué la nouvelle législation. Selon lui, elle empêcherait la diffusion d’une « information scientifique » auprès des élèves. En Bulgarie, où l’opinion publique est largement hostile aux LGBT+, cette décision renforce encore plus les discriminations existantes, le pays n’autorisant ni le mariage ni l’union civile entre personnes de même sexe.