Carburants : pourquoi le litre a bondi jusqu’à 62 centimes en six mois

Pistolet de gazole et prix affiché
Image d'illustration. Le gazole dépasse 2,34 euros. — ADN

Le gazole dépasse 2,34 euros le litre et l’essence franchit les 2,10 euros. En cause, la guerre autour du détroit d’Ormuz et ses effets directs sur le pétrole.

En bref

  • Le gazole gagne 62,6 centimes par litre
  • Le conflit autour d’Ormuz bloque les pétroliers
  • Le baril est remonté à 90 euros

Le choc se voit d’abord sur le gazole. En France, son prix moyen est passé de 1,719 euro le litre le 27 février 2026 à 2,345 euros le 15 septembre. Soit 62,6 centimes de plus en un peu plus de six mois, et une hausse de 36 %.

Pour l’essence, la progression est un peu moins violente, mais elle reste nette. Le SP95 est monté de 1,767 à 2,193 euros le litre, le SP95-E10 de 1,721 à 2,149 euros, et le SP98 de 1,827 à 2,246 euros. En pourcentage, cela donne respectivement +24 %, +25 % et +23 %. Résultat, les prix moyens dépassent désormais 2,10 euros pour l’essence et 2,30 euros pour le gazole.

Le gazole encaisse la hausse la plus lourde

Ce carburant est celui qui a le plus souffert de la flambée. C’est lui qui affiche à la fois la plus forte hausse en centimes et la plus forte hausse en pourcentage sur la période observée.

Les autres carburants suivent la même trajectoire, avec un bond d’un peu plus de 41 à 43 centimes par litre selon les références. Pour les automobilistes, l’écart avec les niveaux de fin février est devenu très concret.

Le détroit d’Ormuz pèse directement sur la pompe

L’explication avancée tient au conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février 2026 par des frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Après cela, l’Iran a restreint le passage des navires dans le détroit d’Ormuz.

Le mécanisme est assez simple. Moins de pétroliers passent, donc moins de pétrole est importé en France et ailleurs. La demande, elle, ne baisse pas dans les mêmes proportions. Du coup, les prix montent, d’abord sur le baril, puis à la pompe.

Le baril avait reculé, puis la tension est repartie

Le mouvement n’a pas été continu. En février 2026, le baril valait autour de 52 euros. Après les frappes du début mars, il a grimpé jusqu’à 97 euros en mai, avant de redescendre à 59 euros en juillet.

Cette détente a suivi un accord diplomatique autour du détroit d’Ormuz, qui a permis à davantage de pétroliers de naviguer. Mais depuis le début du mois d’août, les hostilités ont repris. Le 15 septembre 2026, le baril était revenu à 90 euros.

Autre indicateur, plus parlant encore, le trafic maritime. Le détroit d’Ormuz n’est pas totalement fermé, mais il tourne au ralenti. Le 14 septembre, quatre navires seulement ont franchi la zone, contre 125 en moyenne avant la guerre. C’est ce blocage partiel qui continue de pousser les prix vers le haut.

Benjamin

Spécialiste Économie

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