Changement climatique : les requins s’approchent de nos côtes
À cause du bouleversement climatique, les requins et les raies tendent à migrer davantage vers le nord ou en eaux plus profondes, où les températures sont plus basses. Quelles autres espèces sont touchées par ce phénomène ?
TL;DR
- En raison du dérèglement climatique, les requins et raies migrent plus au nord ou en profondeur.
- Les migrations ont été observées pendant 24 ans par des équipes de scientifiques européens.
- Ces mouvements ont des impacts significatifs sur les écosystèmes marins.
Les requins et raies face au défi du changement climatique
Un déplacement vers le nord ou en profondeur, là où les eaux sont plus froides. C’est ainsi que les requins et les raies réagissent à la perturbation climatique. Cette observation résulte de deux décennies de recherches menées par des équipes de scientifiques français, irlandais, écossais et anglais, qui se retrouvent chaque année pour étudier ces espèces dans les mers européennes.
Des observations inquiétantes
Il est surprenant de constater ces migrations, car on pensait que les requins et les raies pourraient s’adapter à l’augmentation des températures. Après tout, ils ont survécu à des périodes où les concentrations de CO2 atmosphérique étaient plus élevées qu’aujourd’hui. Cependant, ces mouvements inattendus suggèrent une sensibilité accrue aux variations de température, et potentiellement à d’autres facteurs tels que la pêche ou la dégradation des habitats.
Conséquences sur l’écosystème marin
Les migrations de ces espèces ont un impact significatif sur leur écosystème. Par exemple, on observe que les requins et les raies occupent désormais une position plus basse dans la chaîne alimentaire en mer du Nord. Ce déplacement peut provoquer des déséquilibres dans l’ensemble de la chaîne alimentaire, allant du phytoplancton aux prédateurs supérieurs comme les mammifères marins, et peut entraîner des altérations potentiellement irréversibles des écosystèmes.
Le besoin d’un principe de précaution
Il est donc nécessaire d’appliquer un principe de précaution pour protéger ces espèces. En effet, près de la moitié des requins et des raies de l’Atlantique Nord-Est, soit 56 espèces sur 136, sont actuellement menacées d’extinction en raison des prises accessoires de pêche et de la perte et dégradation des habitats. Les dangers liés à la pêche pourraient être amplifiés par les effets du changement climatique, qui tend à intensifier la puissance et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes.
Préserver le fonctionnement et l’équilibre des écosystèmes marins est une nécessité urgente. En tant qu’espèces clés pour le fonctionnement des écosystèmes, les requins et les raies sont dangereusement vulnérables à la fois au changement climatique et à la pêche. Une révision des mesures de gestion actuelles est donc nécessaire pour garantir leur survie.
