Chenilles de noctuelle menacent les champs de lavande du sud de la France
Cette espèce envahissante a causé la perte d'une portion de la production de lavande pour plusieurs agriculteurs dans des régions telles que le Vaucluse, la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence.
Des producteurs de lavande de la Provence affectés par une espèce invasive
La Provence, région connue pour ses champs de lavande et ses cigales, vit une saison difficile. L’été 2023 a été marqué par une invasion de chenilles de noctuelle, ravageant les étendues violettes qui font le charme du sud de la France. Apparues depuis la mi-juillet, ces chenilles ont causé des dégâts considérables aux producteurs de la région.
La chenille de noctuelle, un insecte nocturne nuisible à la lavande
La chenille de noctuelle, également appelée ver gris, fait partie de la famille des Noctuidae. Elle est surtout active la nuit et est un ravageur redoutable pour de nombreuses cultures, dont le maïs. Ces insectes ont été apportés fin juin par le sirocco, un vent chaud en provenance d’ Afrique du Nord, et ont rapidement commencé à causer des ravages dans les champs de lavande.
Comme l’explique Jérôme Boenle, producteur de lavande et vice-président de l’Association des Producteurs d’AOP Lavande de Provence (APAL), dans une interview avec directs.fr : « En 4 ou 5 jours, elles peuvent ravager un champ entier qui va alors devenir gris. Elles vont plus vite que nos machines. »
Une situation critique dans trois départements
Les conséquences de cette invasion sont catastrophiques pour les producteurs. Trois départements ont été particulièrement touchés : le Vaucluse, la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence. Selon Jérôme Boenle, une « centaine d’exploitations » sont concernées, et les dégâts varient considérablement d’une parcelle à l’autre. Certains producteurs ont perdu 20%, 50% voire 100% de leur récolte.
Malgré cette situation difficile, les producteurs espèrent pouvoir fournir leurs acheteurs pour cette saison 2023 grâce à leur stock de lavande. Cependant, le secteur tente d’obtenir réparation pour les pertes subies. Comme l’indique Jérôme Boenle : « On a fait remonter la situation au ministère de l’Agriculture, on va essayer d’obtenir un fonds pour aider les exploitations. »
La nécessité de trouver des solutions pour gérer l’espèce invasive
Les producteurs de lavande vont devoir trouver des solutions pour gérer cette espèce invasive. Actuellement, ils ne savent pas comment éliminer cette espèce, mais des équipes techniques vont se pencher sur la question. Jérôme Boenle exprime cette inquiétude : « On est dans l’inconnu, on ne sait pas comment gérer cet aléa. »
De plus, cette invasion pourrait avoir un impact sur le tourisme, car la lavande est le produit phare de la région. Pour sauver les plants de lavande touchés, il va falloir de la pluie, sinon les producteurs devront replanter. Comme le souligne Jérôme Boenle : « Ce n’est pas du sang rouge qui coule dans nos veines, mais du sang violet (couleur lavande). On veut absolument maintenir ces paysages. »
Un secteur déjà en difficulté avant l’invasion
En plus de cette invasion de chenilles, le secteur de la lavande est confronté à une surproduction qui fait baisser les prix. En 2022, certains producteurs ont même dû vendre à perte. « Certains vendeurs achètent cinq ou six euros en dessous du prix de revient, » déclare le vice-président de l’APAL.
