En 2023, l'Union calédonienne, qui a participé à la création du CCAT, interprète cette action comme une "déportation politique", tandis que les non-indépendantistes y voient une affirmation de "l'État de droit". Qu'en pensez-vous?
TL;DR
- Détention en métropole de sept militants indépendantistes calédoniens.
- L’Union calédonienne dénonce une « déportation politique ».
- Les non-indépendantistes saluent un retour à l’ordre.
Le choc de la détention métropolitaine pour des militants calédoniens
Une onde de choc a traversé la communauté indépendantiste calédonienne suite à la décision de placer en détention provisoire en métropole, à 17 000 km de leur terre, sept de leurs camarades. Ces derniers sont tous liés à la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), une organisation intimement liée à l’Union calédonienne (UC).
Un acte de « déportation politique »
Parmi les détenus se trouve Christian Tein, également connu sous le nom de Bichou Tein, commissaire général de la CCAT. L’UC, qui a été partie prenante dans la création de la CCAT en novembre 2023, a exprimé son indignation face à cette situation. Selon le parti, il ne s’agit pas d’une simple mesure judiciaire, mais bien d’un acte de « déportation politique ».
« L’ensemble des responsables, des militants et sympathisants de l’Union Calédonienne ont appris avec stupeur la déportation en métropole dans la nuit des responsables et militants de la CCAT, dont notre Commissaire Général Bichou Tein (Christian Tein) ainsi que deux mamans d’enfants en bas âge. »
L’Union calédonienne (UC)
Une mesure justifiée par le procureur de Nouméa
Face à ce tollé, le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, a justifié cette mesure en expliquant qu’elle était nécessaire « en raison de la sensibilité de la procédure et afin de permettre la poursuite des investigations de manière sereine, hors de toute pression ou concertation frauduleuse ».
Un « retour à l’ordre » pour les non-indépendantistes
Si cette décision a suscité consternation et incompréhension chez les indépendantistes, elle a en revanche été saluée par les non-indépendantistes. Pour Nicolas Metzdorf, député Renaissance sortant et candidat aux prochaines législatives, cette décision est un signe encourageant de « retour à l’ordre ».
« Ils ont été arrêtés, c’est une première étape. Désormais, si on reconnaît leur culpabilité, il faut qu’ils soient condamnés sévèrement. On est encore dans un État de droit, on est encore en France, en Nouvelle-Calédonie. »
Nicolas Metzdorf
Le débat autour de cette décision promet d’être vif et passionné. La CCAT a annoncé qu’elle donnerait une conférence de presse mardi et le FLNKS tiendra un bureau politique dans la semaine.