Samedi 22 juin, le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) a été présenté devant un juge d'instruction et sera désormais détenu provisoirement à Mulhouse. Que pourrait-il se passer ensuite pour lui ?
TL;DR
Le dirigeant de la CCAT en détention provisoire
Dans le cadre des troubles qui agitent la Nouvelle-Calédonie, Christian Tein, le chef de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), est désormais placé en détention provisoire à Mulhouse. Cette décision a été annoncée samedi 22 juin 2024 par le juge des libertés et de la détention (JLD).
Une série d’incarcérations controversées
D’autres figures du mouvement indépendantiste calédonien vont également être détenues en métropole. Parmi elles, Brenda Wanabo, chargée de communication de la CCAT, sera incarcérée à Dijon, et Frédérique Muliava, directrice de cabinet du président du Congrès de Nouvelle-Calédonie, à Riom. Le procureur Yves Dupas a confirmé ces « affectations en métropole » à l’AFP, sans donner plus de précisions. Les avocats des personnes concernées se disent « abasourdis » face à ces décisions, qu’ils qualifient de procédures « parfaitement exceptionnelles ».
Des accusations graves
Les chefs de mise en examen n’ont pas été précisés. Selon les informations disponibles, l’enquête vise des faits d’association de malfaiteurs, vols avec armes en bande organisée, complicité par instigation de meurtres ou tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
Une réponse politique ?
Les avocats des personnes mises en cause dénoncent une instrumentalisation politique de la justice. Pour Me Thomas Gruet, avocat de Brenda Wanabo, l’institution judiciaire a commis « toutes les erreurs » et a « répondu à des considérations uniquement politiques ». De son côté, Me Christelle Affoué, avocate de Frédérique Muliava, qualifie l’incarcération de sa cliente de « décision parfaitement choquante et éprouvante ». Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a également jugé sur X (ex-Twitter) que la décision d’incarcérer Christian Tein constituait une « aliénation de ses droits et une grossière et dramatique erreur politique ».