Clap de fin pour les soldes d’été : un bilan marqué par une chute de 5 % des ventes

Image d'illustration. Gros plans des mains tenant des sacs de shoppingADN
Alors que la période des soldes d’été touche à sa fin ce mardi, les commerçants font le bilan d’une saison morose, marquée par une diminution notable des achats, avec un recul de 5 % des ventes par rapport à l’an passé.
Tl;dr
- Ventes des soldes d’été en forte baisse.
- Canicule et promotions privées freinent l’affluence.
- Commerçants réclament un changement de calendrier.
Des soldes d’été décevantes malgré un début d’année positif
Les commerçants de l’habillement tirent la sonnette d’alarme : cette édition 2025 des soldes d’été, qui s’achève ce mardi soir dans la plupart des régions françaises, laisse un goût amer. Si le premier semestre avait donné quelques raisons d’espérer, avec une progression de 1,7 % des ventes par rapport à la même période en 2023, la période des promotions estivales n’a pas tenu ses promesses.
D’après les données du panel Retail Int. pour l’Alliance du Commerce, les ventes en magasin affichent une chute de 5 %, tandis que le commerce en ligne recule de 3 % sur les trois premières semaines par rapport à l’an passé. Un constat que résume sans détour Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce : « La période des soldes n’est plus ce qu’elle était il y a dix ou vingt ans, elle a perdu son statut d’événement unique pour les consommateurs. »
Météo et nouvelles pratiques bousculent les habitudes d’achat
Il faut dire que plusieurs facteurs se sont conjugués pour plomber cette édition. D’une part, une météo exceptionnellement clémente au printemps et au début de l’été a poussé nombre de Français à anticiper leurs achats. D’autre part, le lancement officiel des soldes, le 25 juin, s’est accompagné d’une vague de chaleur peu propice aux virées shopping. Et puis, impossible d’ignorer la montée en puissance des « ventes privées », dont témoigne Bénédicte Gualbert du Crocis-CCI Paris Ile-de-France : « Elles grignotent chaque année davantage la clientèle traditionnelle des soldes. »
Paris fait figure d’exception : après avoir souffert du contexte olympique au printemps, la capitale relève timidement la tête avec un rebond de 3 %. Mais cela ne suffit pas à inverser la tendance globale.
L’heure du doute pour un modèle à bout de souffle
Face à cette réalité morose, certains professionnels s’interrogent sur l’avenir même du modèle. Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l’habillement (FNH), plaide ainsi pour un décalage des dates : « Difficile aujourd’hui de susciter l’appétit autour des soldes tels qu’ils existent. Il faut changer le paradigme : acheter mieux, mais moins. »
Yann Rivoallan, qui préside la Fédération française du prêt-à-porter féminin, pointe aussi la pression croissante exercée par les géants asiatiques tels que Shein et Temu. La concurrence féroce imposée par ces plateformes bouleverse tout simplement le marché hexagonal.
À retenir donc, malgré leur image tenace dans l’imaginaire collectif et quelques irréductibles convaincus (« L’effet magique n’a pas totalement disparu », tempère Bénédicte Gualbert), ces soldes estivales semblent désormais vouées à se réinventer sous peine de sombrer dans l’indifférence.
Avenir incertain et débats législatifs en perspective
Reste à savoir si le calendrier évoluera prochainement : une proposition de loi visant à réformer les périodes promotionnelles vient tout juste d’être adoptée successivement par l’Assemblée nationale puis le Sénat. Elle attend désormais son passage en commission mixte paritaire cet automne. L’enjeu ? Redéfinir un cadre capable de raviver une tradition qui vacille sérieusement.
