Malgré l'interdiction pour les mineurs d'accéder aux sites pornographiques, la réalité montre un tableau différent. En tant que parent, quelle est la meilleure façon de réagir face à cette situation ?
- 2,3 millions de mineurs visitent des sites pornographiques chaque mois.
- Cette exposition peut causer mimétisme de comportements violents et complexes.
- Il est essentiel pour les parents de discuter et de surveiller l’usage d’internet.
Un phénomène inquiétant
Selon une étude récente de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), 2,3 millions de mineurs visitent des sites pornographiques chaque mois. Cette tendance est en hausse constante, notamment chez les filles, révèle Vincent Joly, psychologue pour enfants et adolescents à Paris. L’accessibilité d’Internet a considérablement réduit l’âge de première exposition à ces contenus.
Les dangers de l’exposition précoce
Ces images peuvent avoir deux impacts majeurs sur les jeunes. D’une part, certains peuvent tenter de reproduire le comportement des personnages, aboutissant souvent à une violence imitée chez les garçons et à l’acceptation de cette violence chez les filles. D’autre part, elles peuvent induire chez les jeunes des « complexes esthétiques et liés à la performance », bien que ce ne soit pas le cas pour la majorité, rassure Vincent Joly.
L’importance de la prévention
Il est essentiel pour les parents de ne pas ignorer cette réalité. Comme le conseille le psychologue, il faut expliquer aux enfants que ces images ne reflètent pas la réalité, qu’elles sont dépourvues de sentiments et d’émotions et qu’elles peuvent montrer des pratiques extrêmes et violentes qu’il ne faut pas banaliser.
Comment réagir en tant que parent ?
Il est important d’instaurer un dialogue ouvert avec l’enfant, d’expliquer l’utilisation d’un contrôle parental et de ne jamais ignorer une consommation excessive. Si un enfant consomme régulièrement ce type de contenu, il est crucial de ne pas faire comme si vous ne voyiez pas ce qui se passe, insiste Vincent Joly. Il faut en parler avec l’enfant, mais aussi avec d’autres parents qui peuvent être confrontés à la même situation. Il est inutile de forcer l’enfant à consulter un spécialiste, cela pourrait le faire se sentir honteux et refuser le dialogue.