Commission Sauvé : des témoignages de violences dans l’Eglise impliquant l’Abbé Pierre déjà recueillis
Dans une tribune, la commission a révélé des incidents graves, notamment des relations sexuelles non consenties, des actes d'exhibitionnisme et des fellations forcées. Quelles mesures seront prises pour lutter contre ces actes dégradants ?
TL;DR
- La commission Sauvé recueille des témoignages d’agressions sexuelles de l’abbé Pierre.
- Trois témoignages mettent en cause l’abbé dans des actes violant la civilité et la morale.
- Le rapport Emmaüs cite sept témoignages d’abus sexuels par l’abbé Pierre.
La commission Sauvé et l’ombre de l’abbé Pierre
En tant que pilier de l’église catholique, l’abbé Pierre est désormais confronté à des accusations graves. La commission Sauvé, dédiée à l’examen des violences sexuelles dans l’église, a révélé dans une tribune publiée Le Monde avoir recueilli trois témoignages d’agressions sexuelles commises par l’abbé.
Des accusations troublantes
Selon les quatre chercheurs à l’origine de la tribune, ces témoignages révèlent que l’abbé Pierre, de son vrai nom Henri Grouès, aurait commis des actes violant la civilité et la moralité, la législation pénale et les préceptes canoniques. Un des témoignages, très probablement le témoignage B du rapport Emmaüs, rapporte des faits commis au début des années 80 à Namur (Belgique). L’abbé aurait alors commis des gestes indécents sur la victime avant de s’enfuir.
L’abbé Pierre : un cas révélateur d’un mal plus profond
Pour les chercheurs, le cas de l’abbé Pierre est assez banal d’un point de vue historique. Cependant, il synthétise nombre des caractéristiques de l’agression sexuelle par les clercs catholiques depuis les années 1950. Le rapport Emmaüs, publié le 17 juillet, cite sept témoignages au total d’abus sexuels commis par l’abbé Pierre.
Des faits graves et récurrents
Parmi les témoignages recueillis, certains font état de faits particulièrement graves. Une femme aidée dans les années 1989-90 par l’abbé Pierre rapporte avoir été « utilisée » : « relations sexuelles, masturbation devant elle, fellation, flagellation, proposition de triolisme avec une autre femme », selon la tribune du Monde.
Le rapport de la Ciase, fruit de deux ans et demi de travail, a été remis publiquement à Paris en octobre 2021 à l’épiscopat français et aux ordres et congrégations religieuses. La tribune parue dans Le Monde est signée par Philippe Portier (politiste), Paul Airau (historien), Thomas Boullu (historien du droit), Anne Lancien (politiste), tous quatre membres de la Ciase.
