Comprendre la crise gouvernementale et majoritaire autour de la loi immigration

En durcissant sa politique d'immigration par l'adoption d'un projet de loi soutenu par le Rassemblement national, le gouvernement a provoqué une crise. Emmanuel Macron est ainsi contraint d'intervenir pour apaiser la situation. Comment compte-t-il s'y prendre ?

TL;DR

  • Projet de loi immigration dur adopté, crise gouvernementale déclenchée.
  • Rassemblement national soutient le texte, ministres menacent de démissionner.
  • Emmanuel Macron convoque une réunion de crise.

La crise gouvernementale suite à l’adoption d’une loi d’immigration plus stricte

Le 19 décembre 2023, le gouvernement français a adopté un projet de loi plus strict sur l’immigration. Ce texte, soutenu par le Rassemblement National, a suscité une crise politique majeure. Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, a annoncé sa démission et d’autres ministres ont suivi son exemple. Le président Emmanuel Macron se retrouve donc dans une situation délicate, contraint de jouer les pompiers face à cette crise.

Les origines de la crise

Le texte initial proposé par le gouvernement n’a rencontré l’approbation d’aucune opposition à l’Assemblée nationale. Ni la Nupes, jugeant le texte trop strict, ni les Républicains et le Rassemblement national, le trouvant trop laxiste. Finalement, après presque 24 heures de Commission Mixte Paritaire, un texte durci a été adopté.

« C’est une bonne chose : des mesures qui protègent les Français, des mesures de fermeté indispensable vis-à-vis des étrangers délinquants, et des mesures de justice comme la fin (historique) de la rétention des mineurs ou de régularisation pour les travailleurs. » a déclaré Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur.

Le revirement du Rassemblement National

Le Rassemblement National, qui avait initialement annoncé qu’il voterait contre le projet de loi, a finalement fait volte-face. Marine Le Pen, présidente du groupe RN au Palais Bourbon, a annoncé que le RN voterait finalement en faveur du texte. « C’est une victoire idéologique [du RN], puisque est inscrite, maintenant dans cette loi, la priorité nationale. » a-t-elle déclaré.

La réaction de la gauche et de la majorité présidentielle

La gauche a vivement critiqué le gouvernement, accusant le texte d’être directement inspiré du programme de Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national. Plusieurs députés de la majorité ont annoncé ne pas vouloir voter le texte, soit à cause de son durcissement, soit à cause du vote de l’extrême-droite.

« Je ne peux pas en conscience voter le texte. […] Je juge trop importantes les concessions accordées à la droite en CMP. Je ne reconnais plus le texte initial que j’ai soutenu. Certaines mesures sont inacceptables. » a affirmé Anne Brugnera, députée Renaissance du Rhône.

Les suites pour le gouvernement

Conscient du danger, Emmanuel Macron a convoqué une réunion de crise à l’Élysée. Finalement, le texte a été adopté par l’Assemblée nationale, mais la crise est loin d’être résolue. Emmanuel Macron va devoir apaiser les tensions au sein de son gouvernement pour éviter une crise plus profonde.

Benjamin

Spécialiste Politique

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