Débat sur l’ouverture des collèges REP de 8h à 18h : Pourquoi est-ce controversé ?
Selon certaines associations d'enseignants et de parents, il serait bénéfique de maintenir ouverts les collèges de REP et REP+ de 8h à 18h, à condition de respecter certaines modalités. Quelles pourraient être ces conditions ?
TL;DR
- L’extension des horaires de collèges REP et REP+ est envisagée.
- Les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves expriment des inquiétudes.
- Une enveloppe de 80 millions d’euros est prévue pour cette initiative.
Étendre les heures d’ouverture des collèges en REP et REP+ : une bonne idée?
Le vendredi 15 décembre 2023, Gabriel Attal a annoncé que pour la rentrée 2024-2025, tous les collèges en réseau d’éducation prioritaire (REP et REP +, soit 1100 établissements) ouvriraient de 8 h à 18 h. Une annonce qui soulève des questions.
Un accompagnement renforcé pour les élèves
D’après le ministère de l’Éducation Nationale, l’objectif est de proposer une gamme plus large d’activités aux élèves pour favoriser leur réussite et leur épanouissement. En pratique, cela signifie offrir un soutien aux apprentissages, une aide aux devoirs renforcée et des activités culturelles et sportives.
« L’idée est que les jeunes ne soient plus « livrés à eux-mêmes », comme l’explique un porte-parole de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep). »
Des interrogations et des inquiétudes
Néanmoins, certains syndicats de parents d’élèves sont sceptiques. Ils soulignent les difficultés actuelles de recrutement d’enseignants et se demandent comment financer un tel dispositif. La Secrétaire d’État chargée de la jeunesse et du SNU, Prisca Thévenot, a annoncé qu’une enveloppe de 80 millions d’euros serait allouée à cette initiative.
« Avec cette somme, on pourrait déjà réduire le nombre d’élèves par classe en recrutant, plutôt que de faire venir des élèves pendant 10 h dans la journée. », déclare Elisabeth Allain-Moreno auprès d’directs.fr.
Un besoin de bilan et de réflexion
La Secrétaire générale du syndicat SE-UNSA, Elisabeth Allain-Moreno, critique l’absence de bilan des 200 collèges testés et s’interroge sur la généralisation de cette mesure à tous les établissements en REP. Elle insiste sur le fait que la lutte contre l’échec scolaire ne passe pas nécessairement par une extension des heures de présence à l’école, mais par une amélioration de la qualité du temps passé en classe.
Le ministère de l’Éducation répond en mettant en avant les différentes activités qui seront proposées aux élèves, et qui ne seront pas nécessairement encadrées par des enseignants, mais aussi par des animateurs de l’éducation populaire et des associations.
