Décès de Robert Badinter, artisan de l’abolition de la peine de mort
Robert Badinter, un homme aux multiples facettes : avocat, sénateur, ministre de la Justice et président du Conseil constitutionnel français, est surtout reconnu pour sa lutte acharnée contre la peine de mort en 1981. Quelle sera sa prochaine bataille ?
TL;DR
- Robert Badinter, célèbre abolitionniste, est décédé à 95 ans.
- Il a contribué à l’abolition de la peine de mort en France.
- Badinter a poursuivi ses efforts pour les droits de l’homme jusqu’à la fin.
Un défenseur infatigable des droits de l’homme nous a quittés
L’illustre Robert Badinter, éminent avocat, universitaire, essayiste et homme politique français, nous a quittés dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 février 2024, à l’âge de 95 ans. C’est une annonce douloureuse faite par sa famille à l’AFP.
Une vie dédiée à la cause de la justice
Né en 1928 dans une famille d’origine juive de Bessarabie, Robert Badinter a consacré sa vie à la défense des droits de l’homme. Après la déportation et la mort de son père à Sobibor durant la Seconde Guerre Mondiale, il s’inscrit à l’université de Paris où il étudie les Lettres et le Droit.
Il devient avocat « par hasard, pas par vocation », comme il le confie à la revue Harvard Business Review en 2019. Entre 1972 et 1981, cette vocation inattendue lui permet de sauver six accusés condamnés à la peine de mort.
L’abolition de la peine de mort : le combat de sa vie
En tant que garde des sceaux sous la présidence de François Mitterrand, il porte haut l’étendard de l’abolitionnisme. C’est grâce à lui que la loi du 9 octobre 1981, abolissant la peine de mort en France, est promulguée. Ce n’est pourtant que le début de ses accomplissements en tant que ministre de la Justice. Il œuvre également pour l’abrogation du délit d’homosexualité, la suppression de la Cour de sûreté de l’Etat et des tribunaux permanents des forces armées, et l’élargissement du droit d’action des associations pour la poursuite des crimes contre l’Humanité et des infractions racistes…
Un héritage toujours vivant
Malgré son grand âge, Robert Badinter n’a jamais cessé de lutter pour l’abolition universelle de la peine de mort. « La peine de mort ne sert à rien, si ce n’est à calmer les fureurs, les angoisses, les peurs du vieil homme qui est là, tapi dans sa caverne. Et surtout, cela n’empêche pas le crime. Tant que je vivrai, je continuerai la lutte », confiait-il à la revue Harvard Business Review. Ces mots résonnent encore et son combat perdure, inspirant toujours le débat public français.
