Découverte de lettres bicentenaires adressées à des marins : une nuit d’écriture révélée
Durant la guerre de sept ans contre l'Angleterre au 18ème siècle, des familles écrivaient des lettres à leurs proches marins. Ces correspondances ont été interceptées et confisquées par la Royal Navy.
Tl;dr
- Des lettres datant du 18ᵉ siècle, écrites à des marins français pendant la Guerre de Sept Ans, ont été ouvertes.
- Les courriers, saisis par la Royal Navy, contiennent des témoignages à la fois intimes et historiques.
- Les lettres ont été oubliées dans un carton aux archives nationales britanniques avant d’attirer l’attention d’un chercheur.
- Elles témoignent de l’expérience des femmes en temps de guerre, contraintes de tenir seules le foyer.
Des lettres du 18ᵉ siècle révèlent des histoires intimes et historiques
D’étonnantes lettres du 18ᵉ siècle, adressées à des marins français durant la Guerre de Sept Ans contre l’Angleterre, ont récemment été dévoilées. Ces correspondances, saisies par la Royal Navy et jamais parvenues à leurs destinataires, offrent de précieuses perspectives historiques et personnels.
Une perspective intime sur la guerre
Ces lettres, rédigées par les familles, étaient destinées à des soldats en mer. L’une d’elles, écrite par Marie Dubosc à son mari Louis Chambrelan, premier-lieutenant de la frégate française Galatée, « Je passerais fort bien la nuit à t’écrire (…) Bonsoir mon cher ami. Il est minuit. Je pense qu’il est temps de me reposer », témoigne de la nostalgie et du désir de communication. Malheureusement, Louis n’a jamais reçu cette lettre, sa femme décédant l’année suivante.
Un autre courrier, envoyé par Marguerite Lemoyne à son fils matelot, exprime son inquiétude face au silence de son fils : « Je pense plus à toi, que toi à moi (…) enfin, je te souhaite une heureuse année remplie des bénédictions du seigneur ».
Des courriers oubliés au fil du temps
Ces 104 courriers, d’abord considérés comme des documents d’intérêt militaire, ont été négligés pendant des années dans un carton des archives nationales britanniques. C’est Renaud Morieux, professeur d’histoire à l’université de Cambridge, qui les a redécouverts. « J’ai réalisé que j’étais la première personne à lire ces messages très personnels. Leurs destinataires n’ont pas eu cette chance et c’était très émouvant. »
Le rôle crucial des lettres en temps de guerre
La majorité de ces lettres étaient rédigées par des femmes, témoignant de l’expérience des épouses, mères, fiancées en temps de guerre. Elles étaient contraintes de tenir seules le foyer et de prendre des décisions en l’absence des hommes. Durant cette époque, les lettres étaient le seul moyen de communication. Renaud Morieux souligne : « Aujourd’hui, nous avons Zoom ou WhatsApp. Au 18ᵉ siècle, les gens n’avaient que les lettres, mais ce qu’ils écrivaient résonne aujourd’hui de manière très familière ».
