Des centaines de milliers défilent contre l’extrême droite en Allemagne
À Munich, dans le sud de l'Allemagne, une marche a dû être interrompue en raison d'un afflux massif de participants. La police a évalué la foule à environ 100 000 personnes. Qu'est-ce qui a suscité un tel engouement ?
TL;DR
- Des centaines de milliers d’Allemands ont manifesté contre l’AfD.
- La mobilisation a rassemblé plus de 1,4 million de personnes.
- Le mouvement fait suite à la révélation d’une réunion d’extrémistes.
Une vague de protestation sans précédent
Un vent de révolte souffle dans les rues allemandes. Des centaines de milliers de citoyens ont manifesté leur désaccord face à l’ascension du parti d’extrême droite, l’AfD. La mobilisation, d’une ampleur exceptionnelle, a rassemblé plus de 1,4 million de personnes à travers le pays. Ces chiffres, fournis par les organisations Friday for Future et Campact, témoignent de l’impact des récentes révélations du média d’investigation allemand Correctiv.
Des révélations choc
« Mon Dieu, il est vraiment temps maintenant de montrer notre visage, de descendre dans la rue, de faire acte de présence contre l’extrême droite », confiait Gerald Angerer, un habitant de Berlin. En effet, les informations divulguées par Correctiv ont révélé une rencontre d’extrémistes à Potsdam en novembre dernier. Au cours de cette réunion, un projet d’expulsion massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère a été discuté. La Ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a comparé cet événement à « l’horrible conférence de Wannsee », où les nazis ont planifié l’extermination des Juifs européens en 1942.
Une mobilisation massive
À Berlin, 100 000 personnes ont illuminé la nuit avec leurs téléphones portables, tandis qu’à Munich, la marche a dû être interrompue en raison de l’afflux massif de manifestants. Parmi les slogans, on pouvait lire « Les nazis dehors » ou encore « Plus jamais ça, c’est maintenant ». Dans les cortèges, le message était clair : les citoyens allemands refusent de voir l’extrême droite prendre le pouvoir.
Une réaction politique nécessaire
Alors que l’AfD bénéficie d’une popularité croissante dans les sondages, ces manifestations ont mis en lumière le rejet de ses idées par une partie significative de la population. Si le parti a confirmé la présence de ses membres à la réunion révélée par Correctiv, il a nié adhérer au projet de « remigration » présenté lors de celle-ci. Face à cette situation, les dirigeants politiques allemands, dont le chancelier social-démocrate Olaf Scholz, ont souligné qu’un plan d’expulsion des étrangers constituerait une attaque contre la démocratie.
