Une étude japonaise lie un sommeil plus long à un risque rénal accru chez des patients diabétiques. Le signal ressort surtout chez les plus âgés.
En bref
- Un sommeil plus long intrigue chez certains diabétiques
- Le risque rénal paraît plus marqué chez les seniors
- L’étude ne prouve pas une cause directe
Chez des personnes atteintes de diabète de type 2, dormir plus longtemps que d’habitude pourrait servir de signal d’alerte pour les reins. C’est ce que montre un travail mené par l’Université de Juntendo, à Tokyo, qui invite surtout à mieux surveiller certains patients, pas à bouleverser leurs nuits.
Un signal repéré sur plusieurs années
Les chercheurs de l’Université de Juntendo ont suivi 678 personnes vivant avec un diabète de type 2 pendant environ six ans. Leur objectif, assez simple sur le papier, consistait à regarder si les habitudes de sommeil avaient un lien avec l’état des reins.
Résultat, une durée de sommeil plus élevée était associée à un risque plus important de voir apparaître, ou de voir s’aggraver, une atteinte rénale liée au diabète.
Pourquoi les reins sont au centre de l’alerte
La maladie rénale diabétique, aussi appelée néphropathie diabétique, fait partie des complications les plus fréquentes et les plus lourdes du diabète. Elle peut survenir lorsque des taux de glucose élevés abîment les reins pendant des années. À la clé, un risque accru d’insuffisance rénale terminale, mais aussi de problèmes cardiovasculaires.
Dans cette étude, l’association ressortait plus nettement chez les personnes âgées. Même constat chez celles qui présentaient déjà des signes d’atteinte rénale, comme une microalbuminurie ou une fonction rénale réduite.
Ce que l’étude dit, et ce qu’elle ne dit pas
Point important, quand même. Les auteurs ne disent pas que dormir plus abîme les reins. Leur travail est observationnel, ce qui veut dire qu’il met en évidence un lien, pas une relation de cause à effet.
Tomoya Mita, de la faculté de médecine de l’Université de Juntendo, le résume ainsi : « Les personnes ne doivent pas interpréter nos résultats comme une recommandation de réduire leur sommeil ». Autrement dit, un sommeil plus long pourrait plutôt révéler un problème de santé sous-jacent.
Un indice simple à surveiller au quotidien
Pour les chercheurs, le sommeil a un intérêt très concret, parce qu’il s’agit d’un aspect banal de la vie quotidienne. Tomoya Mita estime d’ailleurs que cela peut devenir un marqueur facile à repérer chez des patients plus vulnérables sur le plan rénal.
Mais il reste une étape. L’équipe juge nécessaire de poursuivre les recherches pour comprendre les mécanismes derrière cette association et vérifier si la durée du sommeil peut aider à identifier plus tôt les personnes les plus à risque.