Dix profils variés devant la justice pour cyberharcèlement à l’encontre de Brigitte Macron

Image d'illustration. Salle sombre conflits en ligneADN
Dix individus, issus de milieux variés comme l’éducation, la publicité ou la voyance, comparaissent devant la justice. Ils sont accusés d’avoir participé à une campagne de cyberharcèlement visant Brigitte Macron sur les réseaux sociaux.
Tl;dr
- Procès à Paris pour cyberharcèlement sexiste contre Brigitte Macron.
- Rumeur transphobe relayée par l’extrême droite et aux États-Unis.
- Jusqu’à deux ans de prison encourus par les prévenus.
Une rumeur toxique devenue affaire judiciaire
Depuis plus de quatre ans, une rumeur persistante visant la Première dame, Brigitte Macron, empoisonne le débat public français. Celle-ci, aussi absurde que malveillante, prétend qu’Emmanuel Macron aurait épousé un homme, et que l’identité de sa femme serait usurpée.
Cette infox a trouvé un écho retentissant au sein des sphères complotistes, notamment à l’extrême droite, jusqu’à déborder largement les frontières nationales.
L’onde de choc sur les réseaux sociaux
L’affaire prend une dimension judiciaire ce lundi 27 octobre 2025 : dix personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour cyberharcèlement sexiste. Ces prévenus – huit hommes et deux femmes âgés de 41 à 60 ans – sont accusés d’avoir tenu des propos gravement diffamatoires ou haineux sur le « genre » ou la « sexualité » de Brigitte Macron. Les insultes, mais aussi les assimilations douteuses entre différence d’âge et « pédophilie », ont abondé selon le parquet.
Parmi eux figurent plusieurs personnalités notoires du web. D’un côté, le publicitaire Aurélien Poirson-Atlan, alias « Zoé Sagan », dont le compte X suspendu reste associé aux milieux complotistes. De l’autre, la « médium » autoproclamée et « lanceuse d’alerte » Delphine J., connue comme « Amandine Roy », déjà condamnée pour diffamation en première instance avant d’être relaxée en appel. La Cour de cassation reste saisie après cette décision.
L’internationalisation de la polémique
La rumeur a franchi l’Atlantique et séduit certains milieux conservateurs américains. À tel point que le couple présidentiel a intenté cet été une action en justice aux États-Unis contre la podcasteuse trumpiste Candace Owens, figure du mouvement MAGA et auteure d’une série intitulée « Becoming Brigitte ». Plusieurs accusés parisiens ont repris ses contenus viraux, comme cette Une détournée du magazine Time titrant ironiquement « homme de l’année ».
Plusieurs publications illustraient également une mobilisation orchestrée, promettant la venue à Amiens – ville natale du couple Macron – de blogueurs américains censés « lever le voile sur l’affaire Brigitte ».
Derrière ce procès, un enjeu global
Les dix prévenus risquent jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Le phénomène n’est pas isolé : d’autres femmes politiques internationales comme Michelle Obama, Kamala Harris ou encore Jacinda Ardern ont déjà été ciblées par des campagnes transphobes similaires.
Pour clarifier la situation procédurale, rappelons :
- Brigitte Macron et son frère contestent toujours en justice les décisions défavorables récentes.
- L’avocat Jean Ennochi n’a pas souhaité s’exprimer sur la présence de la Première dame à l’audience.
En toile de fond demeure une interrogation : comment mieux protéger les figures publiques face à des campagnes numériques organisées qui dépassent largement la simple calomnie ?
