Donald Trump plaide non coupable de complot contre les institutions, Présidentielle 2020
L'aspirant principal du parti conservateur pour l'élection présidentielle de 2024 est pointé du doigt pour avoir potentiellement compromis l'essence même de la démocratie américaine suite à son échec lors du scrutin de 2020.
Accusations graves contre Donald Trump pour atteinte à la démocratie
Le jeudi 3 août 2023, Donald Trump a contesté les accusations selon lesquelles il aurait conspiré contre les institutions américaines à la suite de sa défaite lors des élections de 2020. Ces allégations marquent une première dans l’histoire des États-Unis, en accusant un ancien président.
Voici la troisième fois depuis mars que la figure de proue de la droite pour l’élection présidentielle de 2024 est accusée au niveau pénal. Cette fois, cependant, on lui reproche d’avoir mis en péril les fondements de la démocratie américaine en essayant de saboter le processus électoral.
« Persécution d’un opposant politique »
« Non coupable », a déclaré le milliardaire républicain, debout dans la salle d’audience, après avoir écouté attentivement la juge fédérale de Washington détailler les accusations portées contre lui et les peines de prison potentielles. Jack Smith, le sévère procureur spécial dont l’enquête de plusieurs mois a conduit à cette nouvelle comparution, était également présent.
Plus tard, Trump, 77 ans, a déclaré sous un grand parapluie noir avant de monter à bord de son avion à l’aéroport Ronald Reagan que cela était la « persécution d’un opposant politique ». L’ancien président, qui persiste à affirmer que l’élection de 2020 lui a été « volée », dénonce constamment ce qu’il appelle une « chasse aux sorcières » orchestrée par son successeur démocrate, Joe Biden.
Une prochaine audience, prévue pour le 28 août, fixera la date du procès. Elle sera dirigée par la juge fédérale Tanya Chutkan, qui a déjà prononcé des peines sévères pour les participants aux violences du Capitole en janvier 2021.
« Projet criminel »
La défense a demandé plus de temps pour examiner la quantité massive de documents associés à l’affaire, s’opposant à la demande de procès rapide formulée mardi par le procureur spécial Smith.
L’acte d’accusation de 45 pages allègue que Donald Trump a élaboré un « projet criminel », en compromettant les fondements de la démocratie américaine en tentant de perturber le processus d’élection de plus de 150 millions d’Américains. Ces accusations sont particulièrement graves étant donné qu’elles ont été portées alors qu’il était encore président.
En revanche, les deux précédentes accusations portées contre lui cette année, pour des fraudes comptables liées au paiement d’une actrice de films X pour garder le silence et pour avoir compromis la sécurité nationale par sa désinvolture avec des documents classifiés, concernent respectivement la période avant et après son mandat.
« Je peux assurer à tous qu’il y aura un processus et un procès équitable », a déclaré la juge Moxila Upadhyaya jeudi.
« Les présidents ne sont pas des rois »
Le tribunal fédéral où Trump a comparu est situé près du Capitole, qui a été assiégé par des centaines de ses partisans en janvier 2021 pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden.
« Les présidents ne sont pas des rois » était le message affiché sur une pancarte brandie par un manifestant près du tribunal, faisant écho à une phrase prononcée par la juge Chutkan en novembre 2021 pour rejeter une demande de Trump de bloquer la divulgation d’informations sur ses activités lors de l’assaut du Capitole.
Plus de six services de police et agences de sécurité, dont le Secret Service, ont été mobilisés pour cette audience historique. Des barrières ont été érigées autour du tribunal et du Capitole.
Plus de 24 heures avant le début de l’audience, les caméras et les camions satellites des médias nationaux et internationaux étaient déjà déployés devant le tribunal, attirant l’attention des passants et des touristes.
Trump toujours favori
Les répercussions de cette inculpation, et du procès qui pourrait avoir lieu en pleine campagne présidentielle, sur la candidature de Trump, restent à déterminer.
Malgré les nombreuses accusations portées contre lui, Trump demeure le grand favori pour l’investiture républicaine, devançant même le gouverneur de Floride Ron DeSantis. Selon un sondage du New York Times/Siena College publié lundi, l’ancien président est maintenant en tête avec 37 points d’avance.
