Le réchauffement des mers a battu un record en septembre 2026, tiré par un El Niño très fort. Reste une question, jusqu’où cet épisode peut encore monter.
En bref
- Les océans ont battu un record en septembre 2026
- El Niño se renforce dans le Pacifique
- Les scientifiques restent prudents sur son classement historique
La température moyenne des mers hors zones polaires a atteint 21,05 °C en septembre 2026. Pour un mois de septembre, c’est du jamais-vu, selon Copernicus. Le précédent sommet, relevé en septembre 2023, était de 20,92 °C.
Un record mondial qui dépasse déjà septembre 2023
Ce chiffre dit une chose simple, la chaleur ne se limite plus à un bassin isolé. Elle touche l’ensemble des océans du globe, hors régions polaires. Et ce nouveau record mensuel tombe alors même que l’épisode El Niño, déclaré en juin, continue de gagner en puissance.
Pour vous, l’enjeu est là. Quand la mer accumule plus de chaleur, elle pèse sur les températures de l’air, sur les pluies et sur une partie des extrêmes météo. Le record océanique n’est donc pas un détail technique.
Dans le Pacifique, le signal El Niño devient très net
El Niño correspond à un réchauffement naturel des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. D’après Copernicus, ces températures sont restées exceptionnellement élevées sur une grande partie du Pacifique tropical, et le phénomène devrait encore s’intensifier dans les prochains mois.
Le point le plus surveillé se trouve dans la région Niño 3.4, zone de référence pour suivre l’épisode. En septembre, la surface de la mer y a atteint 29,70 °C, un record absolu. Ce niveau dépasse les pics observés lors de trois épisodes majeurs, ceux de 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016.
Des records, mais encore une prudence sur le classement final
Vendredi, l’Agence météorologique japonaise a indiqué que l’anomalie de température atteignait +4,0 °C par rapport à la normale dans la zone de référence du Pacifique. Là aussi, le seuil dépasse l’ancien record de +3,6 °C, établi en décembre 1997.
Mais Copernicus ne tranche pas encore. L’observatoire explique qu’on ne peut pas affirmer, à ce stade, qu’il s’agit déjà du plus fort El Niño jamais enregistré. La raison est connue, les climatologues doivent séparer ce qui relève de El Niño de la hausse de fond des océans liée au réchauffement climatique. Et sur ce critère, l’épisode en cours n’a pas encore dépassé les cas les plus marquants du passé.
Le reste de la planète suit la même tendance
Ce qui se joue dans le Pacifique ne reste pas dans le Pacifique. Copernicus précise que septembre 2026 a aussi été le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais mesuré à l’échelle du globe.
L’écart atteint 1,63 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Bref, le signal est double, un El Niño très fort d’un côté, un climat mondial déjà durablement réchauffé de l’autre. Et les prochains mois diront jusqu’où cette combinaison peut encore pousser les compteurs.