Dans un film documentaire qui sera présenté sur M6 à la fin septembre, la comédienne de 60 ans partage ses expériences d'abus sexuels vécus entre ses 11 et 15 ans.
Emmanuelle Béart brise le silence
L’actrice française Emmanuelle Béart, âgée de 60 ans, a récemment dévoilé son douloureux passé, en parlant ouvertement de l’inceste dont elle a été victime. Ses témoignages ont été relayés ce mardi 5 septembre 2023 dans les magazines L’Obs et Elle. Elle revient également sur ces événements dans un documentaire intitulé « Un silence si bruyant », qui sera diffusé le 24 septembre prochain sur M6.
L’actrice évoque ces agressions sexuelles subies entre ses 11 et 15 ans, pendant son séjour à Cogolin, dans le Var, suite à la séparation de ses parents. « J’ai 11 ans, c’est la nuit, j’en suis sûre. Tu déchires mon sommeil comme tu déchires sans bruit ma chemise de nuit. Aucun cri ne sort de ma bouche, les mots ne se forment pas dans ma bouche, ma bouche est cousue », relate-t-elle dans l’introduction du film.
« Les séquelles restent plantées là, dans mon ADN »
Emmanuelle Béart précise dès le début que son père, le chanteur Guy Béart, décédé en 2015, n’est en aucun cas l’auteur de ces abominations. Cependant, l’identité de l’agresseur reste confidentielle. Elle explique simplement que ces viols ont duré jusqu’à ses 15 ans.
« Et si mon père, ma mère, mon école, mes amis ne voient rien, c’est que tout peut recommencer. Et tu recommenceras pendant quatre ans. Aujourd’hui, les séquelles restent plantées là, dans mon ADN. Mes nuits sont blanches les unes après les autres. Je hurle dans le silence comme des millions d’autres que personne n’entend », déclare-t-elle dans les premières minutes du documentaire, visionné par L’Obs et Elle.
La comédienne révèle à Elle que c’est sa grand-mère Nelly qui l’a aidée à échapper à son agresseur en l’encourageant à quitter la région.
Si ma grand-mère n’était pas intervenue, et si on ne m’avait pas mise dans ce train à l’âge de 15 ans pour rejoindre mon père, je ne suis pas certaine que j’aurais réussi à vivre, c’est aussi violent que ça, c’est aussi réel que ça. Je réalise, face à la parole des autres, que je suis l’auteure du silence autour de mon viol que j’ai voulu en vain effacer de ma mémoire et, par effet domino, effacer au sein de la mémoire de ma famille et de la société.
Emmanuelle Béart
Une volonté de libérer la parole
Emmanuelle Béart livre son témoignage avec quatre autres victimes dans ce documentaire. Elle évoque le chemin long et douloureux qu’elle a dû parcourir pour enfin décider de parler et aspire à aider d’autres à faire de même.
Le soutien de la Secrétaire d’État
Charlotte Caubel, secrétaire d’État auprès de la Première ministre chargée de l’Enfance, a vivement « salué le courage d’Emmanuelle Béart et de celles et ceux qui témoignent à ses côtés ».
« Il faut une prise de conscience collective de ce fléau qui continue à détruire tant d’enfants. Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violence sexuelle. Brisons le silence », a-t-elle conclu.