En Iran, les protestations contre la cherté de la vie font au moins six victimes

Image d'illustration. Gros plan de tapis persans sous le soleil à téhéranADN
En Iran, la flambée du coût de la vie a provoqué d’importantes manifestations. Selon des sources officielles, ces rassemblements ont entraîné la mort d’au moins six personnes, illustrant la gravité des tensions sociales actuelles dans le pays.
Tl;dr
- Violentes manifestations contre l’inflation en Iran : six morts.
- Affrontements majeurs dans l’ouest, arrestations à Téhéran.
- L’exécutif appelé à agir face à la crise sociale.
L’Iran secoué par une nouvelle vague de violences
Depuis dimanche, une contestation alimentée par la spirale de l’hyperinflation et la chute du pouvoir d’achat agite les rues iraniennes.
Tout a commencé dans les souks de Téhéran, où des commerçants, exaspérés par la dévaluation du rial et la flambée des prix, ont baissé le rideau en signe de protestation. Ce mouvement spontané a gagné rapidement les universités et plusieurs villes moyennes du pays.
Bilan humain et tensions régionales
La tension n’a cessé de croître. Les derniers affrontements, jeudi soir, se sont révélés particulièrement meurtriers à Azna, dans la province du Lorestan. D’après l’agence de presse Fars, « vers 18h aujourd’hui, un groupe d’émeutiers a profité d’un rassemblement de protestation pour attaquer un commissariat de police ».
Résultat : trois civils auraient perdu la vie, dix-sept autres personnes blessées et une trentaine d’arrestations pour « trouble à l’ordre public » recensées à Téhéran. Si l’on additionne ces nouveaux drames aux décès survenus plus tôt dans la semaine – notamment lors d’échauffourées à Lordegan, où « des manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs, dont le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques », selon Fars –, le nombre total de morts grimpe au moins à six.
L’ouest particulièrement touché par les heurts
La violence ne s’est pas cantonnée aux civils. À Kouhdasht, un jeune membre du Bassidj, force paramilitaire liée au régime, a trouvé la mort alors qu’il tentait de « défendre l’ordre public », selon la télévision d’État. Treize policiers ont également été blessés lors des jets de pierres qui ont accompagné les rassemblements houleux.
Face à cette escalade :
- Les forces de sécurité multiplient arrestations et interventions musclées.
- L’exécutif tente d’apaiser sans céder sur le maintien de l’ordre.
- La justice promet une riposte ferme aux débordements.
Alerte maximale sur fond d’asphyxie économique
Dans ce contexte brûlant où l’inflation atteint 52 % sur un an, le président Massoud Pezeshkian, conscient du climat explosif, exhorte son gouvernement à prendre « d’urgence des mesures pour soulager les difficultés quotidiennes des Iraniens ».
Parallèlement, les autorités judiciaires mettent en garde : toute tentative visant à transformer cette colère en violence ou destruction sera sanctionnée avec sévérité. Un avertissement qui ne dissipe pas le malaise ambiant : entre sanctions internationales persistantes et marasme économique, le spectre d’un embrasement social demeure palpable.
