Enedis intensifie les visites Linky : deux fois plus de contrôles prévus chez les particuliers

Image d'illustration. Gros plan d une main frappant doucement sur une porte en boisADN
Enedis intensifie la surveillance des compteurs Linky en augmentant significativement la fréquence des contrôles à domicile. Les agents de l’entreprise interviendront désormais deux fois plus souvent chez les particuliers pour vérifier le bon fonctionnement des équipements.
Tl;dr
- Enedis intensifie la lutte contre les fraudes aux compteurs.
- Contrôles et sanctions ciblent tous les foyers, Linky ou non.
- Surtaxe annuelle imposée aux réfractaires à Linky.
Des contrôles massifs et des courriers qui inquiètent
Depuis plusieurs mois, de nombreux foyers reçoivent une lettre signée par Enedis. Le motif ? Un « contrôle du dispositif de comptage ». L’expression peut sembler technique, mais derrière cette formule se cache une vaste opération de vérification.
Ces courriers, au ton sans ambiguïté, préviennent : « si l’occupant du logement refuse d’ouvrir sa porte à l’agent de contrôle ou s’il refuse de lui donner accès au compteur électrique, cela pourrait entraîner une coupure totale de l’électricité dans un délai de 10 jours après le passage du technicien ». Pas question donc de laisser planer le doute : toute suspicion de fraude sera traitée avec la plus grande fermeté.
Lutte contre la fraude : chiffres records et méthodes musclées
Face à une explosion des fraudes constatée depuis 2022 — le préjudice dépasserait aujourd’hui les 250 millions d’euros — l’entreprise a renforcé son dispositif. Les techniques illicites, relayées parfois sur les réseaux sociaux, consistent pour certains à détourner l’électricité via des installations sauvages, ce qui réduit drastiquement certaines factures. Pour répondre à cette tendance inquiétante, Enedis a décidé de doubler ses effectifs dédiés au contrôle (passant de 250 agents en 2024 à 500 dès 2025).
Et sur le terrain, la cadence s’accélère : on compte déjà près de 30 000 contrôles réalisés en 2025, contre seulement 12 000 un an plus tôt. Même ceux dont la consommation paraît anormalement basse ne sont pas épargnés — comme ce cas rapporté par Le Journal Du Net, où un particulier s’est vu réclamer une somme importante alors que son logement était inoccupé.
Surtaxe pour refus de Linky : la riposte financière d’Enedis
Certains croyaient pouvoir échapper au radar en refusant le compteur connecté. Depuis le 1er août 2025 cependant, toute résidence non équipée d’un compteur Linky doit s’acquitter d’une surtaxe annuelle de 38,88 €, destinée à couvrir les coûts des relevés manuels. En complément, une taxe conditionnelle supplémentaire de 24,84 € pèse sur ceux qui n’effectuent pas eux-mêmes leurs relevés ou ne fixent pas un rendez-vous dédié. La règle est stricte : aucune exception prévue.
Pour plus de clarté, voici les principaux frais encourus par les réfractaires :
- Surtaxe fixe annuelle pour absence de Linky : 38,88 €.
- Surtaxe conditionnelle si relève non transmise : +24,84 €.
Doutes sur la procédure et résistance des usagers
Cette politique stricte soulève pourtant des critiques. L’association UFC-Que Choisir, sollicitée par plusieurs consommateurs surpris par ces courriers, déplore notamment une inversion de la charge de la preuve : ce serait désormais aux usagers d’attester qu’ils n’ont pas fraudé — et non à l’opérateur d’apporter ses preuves. Malgré les recours juridiques engagés par certains militants anti-Linky ou associations comme Halte contrôle numérique, la justice demeure inflexible et rappelle que Enedis doit assurer l’entretien des anciens compteurs.
Pour nombre d’opposants historiques au compteur connecté, ces nouvelles taxes représentent bien plus qu’un simple coût : elles symbolisent leur combat pour ce qu’ils appellent « le prix de notre liberté ». Mais face à la détermination affichée du gestionnaire du réseau et l’évolution rapide des mesures prises ces derniers mois, difficile pour eux d’espérer faire reculer le géant.
