Engie et ENI reconnaissent des erreurs sur des factures d’énergie très salées
Invités par le ministère chargé de la Transition énergétique, les rivaux d'EDF ont reconnu que des calendriers de facturation incorrects ont été transmis à quelques-uns de leurs consommateurs.
Des consommateurs s’insurgent contre des factures d’énergie exorbitantes
Il y a quinze jours, un administré m’a alerté sur une situation troublante : sa facture d’électricité, émise par le fournisseur italien Eni, avait bondi de 475 %. De même, une retraitée, également cliente d’Eni, a vu sa facture passer de 1 093 euros en novembre 2022 à 1 978 euros en juillet 2023. Les réseaux sociaux fourmillent de témoignages similaires, faisant état de factures d’énergie astronomiques. Face à l’ampleur du phénomène, le ministère de la Transition énergétique a été contraint d’intervenir.
Eni et Engie admettent des erreurs de facturation
Suite à cette vague de contestation, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, a convoqué Eni et son homologue français Engie le mercredi 23 août 2023. Les deux fournisseurs ont finalement reconnu l’existence d’erreurs de facturation. Selon le ministère, « les dirigeants d’Eni ont reconnu des envois d’échéanciers erronés de facture à certains de leurs clients ayant renouvelé leurs contrats au second semestre 2022, notamment car ils ne reprenaient pas intégralement les mesures de protection gouvernementales ».
Ce constat fait écho au bouclier tarifaire mis en place en septembre 2021 par le gouvernement pour soutenir les ménages les plus modestes, dans un contexte d’inflation qui a duré plusieurs mois. Mais le 1ᵉʳ août 2023 a signé la fin de ce bouclier et les tarifs réglementés de l’électricité ont augmenté.
Eni s’engage à corriger les factures de 100 000 clients français
En réponse à ces erreurs de facturation, Eni s’est engagé à « mettre en œuvre des mesures correctrices garantissant que leurs clients se voient bien facturer le prix du bouclier énergétique sur l’année 2023″, selon le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Au total, environ 100 000 clients français d’Eni devraient bénéficier de cette correction.
Le ministère de la Transition énergétique a également encouragé Engie à examiner les dossiers des clients ayant subi les régularisations les plus importantes, dans un contexte « d’augmentation des contentieux ».
Surveillance accrue des fournisseurs d’énergie
Face à ces pratiques, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont été chargées de surveiller les potentiels abus de fournisseurs vis-à-vis de leur clientèle. Ces instances pourraient aller jusqu’à mener des enquêtes ou prendre des sanctions en cas de manquement grave.
