Environnement : Les émissions de méthane, acteur majeur du réchauffement, en forte hausse
Alors que le CO2 est souvent pointé du doigt, le méthane a lui aussi des effets dévastateurs sur le réchauffement climatique.
Sale temps pour la planète… Les trafics routier et aérien sont régulièrement pointés du doigt pour leur effet dévastateur en matière d’émission de gaz à effet de serre et notamment de CO2. Pourtant, d’autres « acteurs » du réchauffement font moins parler d’eux. C’est par exemple le cas du méthane qui est le deuxième gaz favorisant l’effet de serre. Un gaz dont les émissions ont fortement augmenté entre 2006 et 2017.
+9 % en 11 ans
C’est une étude menée par plus de 100 scientifiques à travers le monde et chapeautée par le Global Carbon Project qui alerte sur cette situation préoccupante. Les relevés effectués entre 2006 et 2017 indiquent une augmentation de près de 9 % des émissions mondiales de méthane.
Si 40 % de ces émissions sont naturelles, notamment par l’action de décomposition des éléments organiques observée dans les zones humides, les 60 % restants sont du fait de l’activité humaine. L’élevage (qui compte pour 30 %) est le domaine qui émet le plus de méthane, suivi notamment par la culture de riz ou l’extraction des énergies fossiles. Le transport et l’industrie complètent le tableau.
Increasing anthropogenic methane emissions arise equally from agricultural and fossil fuel sources, from early 2000s to 2017.https://t.co/K1jJGqQjob@IOPenvironment
Just released the new global methane budgethttps://t.co/LKuwB5ptlG pic.twitter.com/gCDt7JHCDj
— GlobalCarbonProject (@gcarbonproject) July 15, 2020
Scénario catastrophe
Si la situation a de quoi inquiéter, c’est que le méthane a un effet de serre 28 fois plus important que le CO2 à quantité égale. Le méthane pèse aujourd’hui pour 23 % du réchauffement climatique induit par les gaz à effet de serre. Si la courbe ne s’inverse pas, les chercheurs craignent le pire. D’ici 2100, la température moyenne pourrait augmenter de 3 à 4 °C alors que les accords de Paris, signés en 2015, préconisaient une hausse de 1,5 °C maximum. Pour atteindre cet objectif, les émissions de gaz à effet de serre devraient chuter de 7,6 % tous les ans selon les préconisations de l’ONU.
Les scientifiques responsables de cette étude exhortent donc les autorités à se pencher plus sérieusement sur les émissions de méthane et ne pas se concentrer uniquement sur le CO2. Le méthane a pour « avantage » d’avoir une longévité plus courte que le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la réduction des émissions pourrait avoir des résultats bénéfiques très rapides sur le réchauffement.
