Éruption volcanique spectaculaire en Islande: des semaines voire des mois de spectacle en perspective
Une éruption volcanique secoue actuellement Grindavik, situé dans le sud-ouest de l'Islande, entraînant l'évacuation de 4000 habitants. De plus, une centrale vitale pour l'île est désormais en danger, d'après un expert en volcanologie. Quels pourraient être les impacts de cette situation ?
TL;DR
- Éruption volcanique en cours à Grindavik, Islande.
- 4000 personnes évacuées et centrale énergétique menacée.
- L’éruption peut durer des semaines, voire des mois.
Une éruption volcanique menace Grindavik
Une éruption volcanique est en cours dans la ville de Grindavik située dans le sud-ouest de l’Islande. Quatre mille personnes ont été évacuées de la zone, et une centrale géothermique, essentielle pour l’île, est en danger, d’après Patrick Allard, volcanologue de renom.
L’anticipation des autorités et des scientifiques
Patrick Allard, directeur de recherche émérite au CNRS et à l’institut de physique du globe de Paris, « Cela n’a pas surpris, mais presque : depuis début novembre, les signaux précurseurs se calmaient ». Heureusement, grâce à la vigilance des autorités et des scientifiques, les habitants de Grindavik ont pu être évacués à temps.
Une lave en fusion menace la ville
Une « fracture », c’est-à-dire un trou dans le sol, s’est ouverte sur 4 km, laissant échapper de la lave en fusion. Patrick Allard précise : « Au début de l’éruption, des débits de lave pouvant monter jusqu’à 250 m3 par seconde ont été enregistrés ». Cette fracture est située juste au-dessus d’une zone d’intrusion de magma, qui mesure une quinzaine de km de long.
Les coulées de lave s’étendent sur plusieurs centaines de mètres par endroit en fonction de la topographie des lieux. La centrale géothermique de Svartsengi, qui alimente une bonne partie de l’ouest de l’Islande en électricité et chauffe tout Grindavik ainsi qu’une partie de Reykjavik, la capitale, est potentiellement en danger malgré les murs de lave construits pour la protéger.
Un suivi précis pour prévenir le pire
Les scientifiques suivent « seconde par seconde » l’évolution de l’éruption à l’aide d’instruments de mesure sismique, gazière et de satellites. L’incertitude reste de mise quant à la durée de l’éruption : « L’éruption peut durer des semaines, voire des mois. L’hypothèse optimiste, c’est qu’elle continue uniquement à partir de la zone d’ores et déjà ouverte. » Le pire scénario serait que la zone d’intrusion du magma s’agrandisse suffisamment pour s’ouvrir le long des 15 km, provoquant ainsi des dégâts majeurs sur les infrastructures et l’environnement, y compris la ville de Grindavik et la centrale de Svartsengi.
Malgré les incertitudes, une chose est certaine : les Islandais sont prêts à faire face à cette situation.
