Et si vos ongles de pieds ouvraient la voie à une nouvelle ère dans le dépistage du cancer du poumon ?

Image d'illustration. PiedADN
Des chercheurs s’intéressent de près aux ongles de pieds comme indicateur potentiel du cancer du poumon. Cette piste innovante pourrait permettre d’identifier la maladie plus tôt et plus simplement, ouvrant la voie à de nouveaux outils de dépistage.
Tl;dr
- Le radon cause 3 000 cancers du poumon par an.
- Nouvelle méthode de dépistage via les ongles d’orteils.
- Une étude majeure démarre au Canada.
Le radon, un ennemi silencieux sous-estimé
À l’heure où le cancer du poumon demeure la première cause de mortalité par cancer en France, un élément invisible suscite l’inquiétude des spécialistes. Si le tabac est bien connu comme principal coupable, il ne faudrait pas négliger le rôle du radon, ce gaz radioactif naturel présent dans certains sols.
Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN), près de 3 000 cas de cancer du poumon lui sont attribués chaque année dans l’Hexagone, représentant environ 10 % du total. Fait notable : les régions à dominante granitique telles que la Bretagne, le Massif central, la Corse ou encore les Vosges figurent parmi les zones les plus exposées.
Les ongles d’orteils comme témoins silencieux
Curieusement, malgré ces chiffres préoccupants, la menace posée par le radon reste largement ignorée du grand public et peu intégrée dans les protocoles de dépistage actuels. C’est là qu’intervient une équipe de chercheurs de l’Université de Calgary. Ils viennent tout juste de mettre au point une méthode inédite pour évaluer l’exposition à ce gaz… en analysant simplement des rognures d’ongles d’orteils.
Le principe est singulier mais solide scientifiquement : après inhalation, le radon se transforme rapidement en plomb radioactif qui s’accumule discrètement dans divers tissus humains, y compris… les ongles. Comme le soulignent ces scientifiques canadiens : « Nos ongles d’orteils conservent des informations à long terme sur notre exposition à des substances radioactives toxiques présentes dans notre environnement, comme le radon. Ils constituent une sorte d’archive de notre organisme concernant les expositions passées. »
Dépistage précoce et espoir pour la prévention
Cet outil pourrait bien changer la donne. Selon ses concepteurs, mesurer la concentration de plomb radioactif dans les ongles offrirait enfin un moyen fiable pour estimer l’exposition chronique au radon — et ainsi repérer plus tôt les personnes à risque. À terme, cela permettrait un meilleur ciblage des populations pour le dépistage du cancer du poumon.
En guise de prochaine étape, voici ce que prévoit l’équipe : Lancement d’une vaste étude auprès de 10 000 Canadiens grâce à un financement obtenu auprès de la Société canadienne du cancer.
Au-delà du caractère novateur de cette approche, elle ouvre aussi une porte vers une prise en compte élargie des facteurs environnementaux dans la prévention des cancers respiratoires. Difficile encore d’imaginer son application immédiate en France, mais la piste semble désormais tracée…
