Facebook : les utilisateurs australiens pourraient ne plus pouvoir partager d’articles de presse
Le réseau social brandit cette menace alors que le gouvernement envisage de demander une compensation aux géants de la Tech pour l'utilisation des contenus.
Mardi, le directeur exécutif de Facebook en Australie et en Nouvelle-Zélande a été clair : « En tablant sur le fait que le projet législatif devienne loi, nous allons avec regret cesser d’autoriser les annonceurs et les utilisateurs en Australie de partager des nouvelles locales et internationales sur Facebook et Instagram ». Will Easton évoque le projet du gouvernement australien d’obliger le réseau social, tout comme tout autre géant du numérique, à rémunérer les groupes de presse locaux pour l’usage de leurs contenus.
Un accord qui semble s’éloigner
Calqué sur le principe de la redevance, ce système de rémunération des informations originaires des groupes de presse serait une première dans le monde si le projet de loi devait aboutir. Will Easton ajoute : « Ce n’est pas notre premier choix – c’est notre dernier. Mais c’est la seule façon de se protéger contre un résultat qui défie toute logique et va causer du tort, et non pas aider, à la vitalité à long terme du secteur de l’information et des médias en Australie ».
Un ministre des Finances insensible aux « menaces »
Pour Josh Frydenberg, ministre des Finances australien, les choses sont aussi claires que du côté de Facebook : « Nous ne répondons pas à la coercition ni aux lourdes menaces, d’où qu’elles viennent », a-t-il indiqué à l’agence Reuters. Selon lui, ce projet législatif est élevé au rang de l’intérêt national. Il découle de 18 mois de consultation publique et vise à viabiliser le secteur de la presse. Les plus gros groupes du pays ont évalué leurs exigences, annuellement, entre 600 millions de dollars australiens (372 millions d’euros) et 1 milliard de dollars australiens. Pour sa part, Will Easton estime que le texte de loi ne comprend pas « la dynamique de l’Internet et va justement endommager les organismes de presse que le gouvernement cherche à protéger ».
