Fernando Villavicencio, candidat présidentiel de l’Équateur, tué par balle
La fusillade a entraîné des blessures à neuf personnes, y compris une femme se présentant à l'Assemblée, ainsi que deux agents de police, en plus d'avoir causé le décès de l'un des agresseurs.
Assassinat du candidat présidentiel en Équateur, Fernando Villavicencio
Le mercredi soir dernier, la scène politique équatorienne a été secouée par un événement tragique. Fernando Villavicencio, candidat à la présidence et deuxième dans les sondages, a été sauvagement assassiné à la fin d’un meeting électoral à Quito. Cette annonce a été faite par le président équatorien Guillermo Lasso.
M. Villavicencio, un centriste âgé de 59 ans et journaliste de profession, était l’un des huit candidats au premier tour de la présidentielle prévu pour le 20 août. Il a été tué alors qu’il quittait une salle omnisports dans le nord de la capitale, après un meeting de campagne.
La fusillade a également fait « neuf blessés, dont une candidate à l’Assemblée, et deux policiers », selon les déclarations du parquet. Un des assaillants a également perdu la vie, abattu par la sécurité.
Un contexte électoral tendu
Fernando Villavicencio se classait deuxième en intentions de vote avec environ 13%, selon les derniers sondages de l’institut Cedatos. Il était devancé par l’avocate Luisa Gonzalez, qui recueillait 26,6% des intentions de vote.
Il est important de noter que la semaine précédente, M. Villavicencio avait fait part de menaces dirigées contre lui et son équipe de campagne, venant prétendument du chef d’une bande criminelle liée au narcotrafic actuellement en prison. Ces menaces, qu’il avait qualifiées de « menace gravissime » n’avaient pas entamé sa détermination. Il avait déclaré sur X, le réseau social : « Malgré les nouvelles menaces, nous continuerons de lutter pour les braves gens de notre #Equateur ».
Réactions et conséquences
L’assassinat de Fernando Villavicencio a provoqué une onde de choc dans le pays. Le président Guillermo Lasso, indigné et choqué, a assuré que « ce crime ne restera pas impuni ». Il a par ailleurs convoqué une réunion d’urgence avec les hauts responsables de la sécurité et d’institutions publiques, y compris la Cour nationale de justice (CNJ), pour discuter de la situation.
Cet événement tragique s’inscrit dans un contexte d’augmentation de la violence liée au trafic de drogue en Équateur. Le nombre d’homicides pour 100 000 habitants s’est établi à 25 en 2022, presque le double par rapport à 2021.
Un assassinat méthodique
Le principal journal local, El Universo, a rapporté que M. Villavicencio avait été tué de manière méthodique, typique des « sicarios » (tueurs à gages), avec trois balles dans la tête.
Après la mort de M. Villavicencio, plusieurs autres candidats, dont Luisa Gonzalez, Yaku Perez et Otto Sonnenholzner, ont annoncé la suspension de leur campagne. Cependant, selon le constitutionnaliste Ismael Quintana, le décès de M. Villavicencio ne devrait pas entraîner le report de l’élection. Il explique qu’il incombe à l’organisation politique de le remplacer par un autre candidat.
