Fin imminente des jours de carence en arrêt maladie : quels changements pour nous?
L'idée d'allonger la durée des jours non indemnisés ou à la charge de l'employeur en cas d'arrêt maladie est actuellement en réflexion au sein du gouvernement. Comment cela pourrait-il impacter les employés et les employeurs ?
TL;DR
- Le gouvernement envisage d’augmenter le nombre de jours de carence des salariés du privé pour réduire les dépenses de la Sécurité sociale.
- Cette mesure pourrait être évoquée lors de la « grande initiative » sur les accidents et arrêts de travail, fin avril.
- L’augmentation du délai de carence a suscité des réactions à gauche et parmi les patrons.
Une proposition controversée
En quête d’économies, le gouvernement envisage une mesure qui suscite déjà de vives réactions : l’augmentation du nombre de jours de carence pour les salariés du privé. L’objectif ? Réduire les dépenses de la Sécurité sociale, selon les informations dévoilées ce dimanche 31 mars 2024 dans La Tribune dimanche et sur France info.
La carence des salariés du privé
Actuellement, lorsqu’un salarié du privé est en arrêt de travail, il ne perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale qu’à partir du quatrième jour d’arrêt. Ce délai, appelé « jours de carence », n’est pas indemnisé par la Sécurité sociale mais peut être pris en charge par l’employeur ou un contrat de prévoyance.
Les enjeux économiques de la mesure
Rappelons que les arrêts maladie ont coûté à la Sécurité sociale 16 milliards d’euros en 2022, soit 5 milliards de plus qu’en 2010. Cette augmentation s’explique en partie par le vieillissement de la population active et par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Ainsi, augmenter le nombre de jours de carence permettrait de faire des économies.
Des réactions mitigées
Si cette proposition n’a pas manqué de faire réagir à gauche, elle a aussi suscité des inquiétudes chez les patrons. La CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises, a notamment exprimé sa préoccupation, estimant que cette mesure pourrait alourdir les charges des entreprises en augmentant les cotisations à la prévoyance.
La mise en œuvre de cette mesure soulève donc de nombreuses questions. Reste à voir comment elle sera abordée lors de la « grande initiative » sur les accidents et arrêts de travail, prévue pour la fin avril.
