Fitch et Moody’s maintiennent la note de la dette française, évitant une sanction
En 2023, le déficit public de la France a largement dépassé les attentes, atteignant 5,5% du PIB au lieu des 4,9% prévus, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle dégradation de sa note par les agences de notation. Quelles pourraient être les conséquences de cette situation ?
TL;DR
- Déficit public français atteint 5,5% du PIB en 2023, plus que prévu.
- Les agences de notation Fitch et Moody’s maintiennent leurs notes.
- Le gouvernement français promet de rétablir les finances publiques.
Les agences de notation maintiennent leur confiance dans l’économie française
Malgré un dérapage du déficit public français atteignant 5,5% du PIB en 2023, au lieu des 4,9% prévus, les agences de notation Fitch et Moody’s ont décidé de maintenir leurs notes inchangées. Cette décision a été particulièrement attendue après une série de mauvaises nouvelles concernant les finances publiques depuis février 2024.
La réponse du gouvernement
Face à cette situation, le gouvernement a réagi en lançant deux plans budgétaires d’urgence de 10 milliards d’euros chacun. Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a « pris note » des nouvelles données et a souligné l’importance de « redoubler de détermination pour rétablir nos finances publiques ».
Le gouvernement est déterminé à tenir l’objectif fixé par le président de la République : « être sous les 3% de déficit en 2027 ». Pour atteindre cet objectif, il mise sur une stratégie fondée sur la croissance, l’emploi, les réformes structurelles et la réduction des dépenses publiques.
Le scepticisme des agences de notation
Toutefois, selon leurs communiqués respectifs, ni Fitch ni Moody’s ne semblent croire à un retour du déficit sous les 3% en 2027. Pour Moody’s, la situation pourrait s’améliorer si le gouvernement parvient à « adopter et à appliquer des mesures » favorisant une réduction significative de la dette.
En revanche, la note pourrait se dégrader si la situation de la dette se détériore davantage en France par rapport à ses « pairs ». Fitch, quant à elle, estime que la note de la France est justifiée par une économie « vaste et diversifiée », des institutions « fortes et efficaces » et une « stabilité reconnue ».
Le défi à venir
Le gouvernement français sera confronté à un autre défi le 31 mai avec la notation de l’agence S&P, qui place la France sur la même ligne que Moody’s, à AA, mais avec une perspective négative. C’est une indication que la note pourrait baisser à moyen terme.
M. Le Maire devra défendre le Programme de Stabilité et les prévisions de retour du déficit public sous 3% en 2027 devant les députés, puis devant les sénateurs. Malgré les difficultés, le maintien des notes par Fitch et Moody’s est perçu comme un « signal positif » par certains responsables politiques.
