France prête à répliquer si ses ressortissants sont attaqués au Niger
Ce dimanche 30 juillet, l'ambassade de France au Niger a été la cible de milliers de protestataires qui soutiennent le coup d'État militaire. Des chants hostiles à la France ont été scandés.
Manifestations au Niger : des milliers de partisans du coup d’État militaire ciblent l’ambassade de France
Le dimanche 30 juillet 2023 a été marqué par une intensification des tensions au Niger, où l’ambassade française a été la cible de milliers de manifestants en faveur du coup d’État militaire. Des slogans anti-français ont été scandés, et la France a réagi en menaçant d’une « réponse immédiate et sans concession » à toute attaque contre ses ressortissants et ses intérêts dans le pays.
L’Élysée a fait savoir que « la France ne tolérera aucune attaque contre ses ressortissants, son armée, ses diplomates ou ses installations. Toute attaque de ce type entraînera une réponse immédiate et sans concession ». Selon le Ministère des Affaires Étrangères, entre 500 et 600 ressortissants français résident actuellement au Niger. En cas d’escalade des violences, une évacuation pourrait être envisagée avec le soutien des militaires français sur place.
Rassemblement en soutien au coup d’État et agressions contre l’ambassade
Des milliers de partisans du coup d’État se sont rassemblés devant l’ambassade française à Niamey, la capitale du Niger, avant d’être dispersés par des grenades lacrymogènes. Certains ont tenté de pénétrer dans l’ambassade, d’autres ont arraché la plaque indiquant « Ambassade de France au Niger » avant de la piétiner et de la remplacer par des drapeaux russes et nigériens.
Le ministère français des Affaires étrangères a condamné toute violence contre les installations diplomatiques et rappelé que la sécurité de ces installations est de la responsabilité de l’État hôte. Ce rassemblement s’est tenu alors que les pays d’Afrique de l’Ouest, réunis en sommet extraordinaire, ont donné une semaine aux putschistes pour restaurer l’ordre constitutionnel, sans exclure le recours à la force.
Une situation qui rappelle le Mali et le Burkina Faso
Les événements de dimanche, les slogans anti-français et le déploiement de drapeaux russes dans les rues de Niamey rappellent des incidents similaires au Mali et au Burkina Faso voisins. Dans ces pays, des juntas militaires ont pris le pouvoir en surfant sur un sentiment anti-français répandu dans la région du Sahel.
La France a suspendu son aide au Niger et a exprimé son soutien à toutes les initiatives régionales visant à restaurer l’ordre constitutionnel et à ramener le président élu Mohamed Bazoum au pouvoir.
Un avenir incertain pour la coopération militaire franco-nigérienne
Le Niger, qui est le troisième pays de la région à subir un coup d’État depuis 2020, joue un rôle clé dans le dispositif antijihadiste français au Sahel. Cependant, l’avenir de la coopération militaire franco-nigérienne est aujourd’hui en suspens, surtout après le départ forcé des forces françaises du Mali en 2022.
À ce jour, environ 1500 militaires français sont déployés au Niger. En un an, le nombre de militaires français au Sahel est passé d’environ 4500 à 2500, dont 1500 au Niger et 1000 au Tchad.
Un partenaire économique de premier plan pour la France
Sur le plan économique, peu d’entreprises françaises sont présentes au Niger, à l’exception d’Orano (anciennement Areva). Ce groupe, spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire, emploie environ 900 personnes au Niger, principalement des travailleurs locaux.
Au cours de la période 2005-2020, le Niger a été le troisième fournisseur d’uranium de la France, contribuant à hauteur de 19% de ses approvisionnements. Cependant, comme l’a noté Alain Antil, directeur du centre Afrique subsaharienne à l’Institut français des relations internationales (IFRI), le Niger « n’est plus le partenaire stratégique de Paris comme il l’a été dans les années 1960-70 ».
- Manifestations au Niger : des milliers de partisans du coup d’État militaire ciblent l’ambassade de France
- Rassemblement en soutien au coup d’État et agressions contre l’ambassade
- Une situation qui rappelle le Mali et le Burkina Faso
- Un avenir incertain pour la coopération militaire franco-nigérienne
- Un partenaire économique de premier plan pour la France
