Des produits vendus comme bio ne le sont pas toujours. Les contrôles menés en 2024 et 2025 ont aussi mis au jour des dérives en cantine.
En bref
- 15,5 % des contrôlés épinglés
- Des faux produits bio en rayon
- Des cantines aussi sanctionnées
Plus d’un professionnel du bio sur sept contrôlé en 2024 et 2025 a été épinglé par la DGCCRF. Le chiffre, 15,5 % sur plus de 4 800 établissements vérifiés, frappe. Mais il faut le lire pour ce qu’il est: il concerne des contrôles ciblés, pas une photographie complète de tout le marché.
Les suites ont varié selon les cas. Certains professionnels ont reçu une injonction de mise en conformité. D’autres ont écopé d’amendes ou de procès-verbaux transmis au parquet. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes insiste sur ce point: ces opérations reposaient sur un repérage préalable, donc sur des profils déjà jugés à risque.
Un taux élevé, mais sur des contrôles ciblés
Ce que montrent ces vérifications, c’est surtout la persistance de pratiques trompeuses autour du label bio. Pas mal de dossiers concernent des vendeurs qui commercialisaient des produits présentés comme bio sans être certifiés, ou sans être déclarés auprès de l’Agence bio.
Résultat ? Pour le consommateur, l’étiquette ne suffit pas toujours. Et pour l’administration, le problème touche autant l’affichage que la traçabilité réelle des marchandises.
En magasin, des mentions bio qui trompent
Parmi les cas relevés, la DGCCRF cite un producteur de champignons qui mélangeait sa propre production certifiée avec plusieurs tonnes de champignons conventionnels achetés à un grossiste. L’ensemble partait ensuite sous étiquette bio. Là, on n’est plus dans l’approximation, mais dans une fraude nette.
Autre exemple, en supermarché. Un rayon boucherie affichait une mention vantant de la viande bovine bio et française. Sauf qu’aucune barquette vendue n’était bio. Et seule la moitié de la viande était d’origine française. L’affichage, clairement, racontait autre chose que ce qui était réellement proposé au client.
Les cantines aussi dans le viseur
Les contrôles ne se sont pas arrêtés aux rayons. La restauration collective a aussi été examinée. Depuis une loi de 2018, les cantines doivent proposer au moins 50 % de produits labellisés, dont 20 % de bio. Or, selon le ministère de l’Agriculture, elles n’en étaient qu’à 11,8 % de bio en 2024.
Dans une cantine municipale, les enquêteurs ont passé au crible deux semaines de menus. Un quart des plats annoncés comme bio ne l’étaient pas. Ailleurs, le signalement d’un salarié a mis au jour l’utilisation frauduleuse du label bio pour le pain servi. Le fournisseur a été sanctionné à hauteur de 60 000 euros.
Ce dossier dit une chose simple: derrière un logo ou une mention en rayon, le contrôle reste décisif. Et les cantines, comme les supermarchés, resteront sous surveillance.