Friedrich Merz, le nouveau chancelier allemand qui veut restaurer la fierté nationale

Image d'illustration. Transport public berlinADN
Friedrich Merz, récemment élu à la tête de l’Allemagne, s’impose sur la scène politique en affichant sa volonté de raviver le sentiment national. Son arrivée marque un tournant pour le pays, entre attentes et promesses de renouveau.
Tl;dr
- Friedrich Merz devient chancelier allemand le 6 mai 2025.
- Priorités : réarmement, modernisation, lutte contre l’extrême droite.
- Première visite officielle chez Emmanuel Macron à Paris.
Une passation de pouvoir très attendue outre-Rhin
Ce mardi 6 mai 2025 marque un tournant pour la politique allemande. À l’issue d’un scrutin législatif terne, c’est finalement Friedrich Merz, chef de file de la CDU, qui doit être officiellement désigné chancelier lors d’un vote au Bundestag.
Le président fédéral, Frank-Walter Steinmeier, s’apprête à entériner cette investiture au château de Bellevue. Pour cet avocat de formation, âgé de soixante-neuf ans et vieux routier du paysage politique, l’heure est désormais à la prise en main d’une Allemagne fragilisée, ébranlée par des tensions extérieures et internes.
Un contexte géopolitique sous haute tension
L’arrivée de Merz intervient alors que la première économie européenne peine à sortir de l’ornière : deux ans de récession, des infrastructures vieillissantes, une armée en manque de moyens… Autant de défis que le nouveau chancelier compte affronter avec vigueur. Dès mars, il avait surpris par l’annonce d’un ambitieux programme d’investissements – plusieurs centaines de milliards d’euros destinés à la modernisation et au réarmement du pays – quitte à bousculer les traditionnelles règles budgétaires nationales.
Ce plan vise aussi bien la rénovation des écoles et routes que le renforcement du rôle allemand au sein de l’Otan. Par ailleurs, le soutien inconditionnel à l’Ukraine, notamment via une possible livraison des missiles Taurus malgré les menaces russes, demeure affiché comme une ligne rouge.
L’équation intérieure : coalition fragile et montée des extrêmes
Pour disposer d’une majorité absolue parmi les 630 députés du Bundestag, Merz a su rallier son camp mais également sceller un contrat décisif avec les sociaux-démocrates du SPD. Cette alliance laisse espérer une stabilité politique bienvenue après l’effondrement du gouvernement précédent dirigé par Olaf Scholz. Mais rien n’est joué : la progression spectaculaire de l’AfD, formation d’extrême droite parfois donnée en tête dans certains sondages, impose à Merz un positionnement sans ambiguïté sur les questions migratoires et sociales. « L’Allemagne est de nouveau sur les rails » , promet-il tout en se fixant pour mission « de redonner sa fierté au pays » .
La tâche s’annonce ardue tant la crise du modèle industriel allemand perdure et que plane le risque d’une guerre commerciale attisée par Donald Trump.
Voici les principaux chantiers identifiés :
- Réarmer et moderniser le pays.
- Soutenir l’Ukraine.
- Lutter contre l’extrême droite.
- Renforcer les liens européens.
L’Europe et Paris dans le viseur diplomatique
Conscient des attentes suscitées par sa nomination, Merz entend rapidement donner un cap fort sur la scène internationale. Son premier déplacement officiel aura lieu ce mercredi à Paris où il sera reçu par Emmanuel Macron. Un passage obligé pour affirmer un leadership européen renouvelé mais également tendre la main à Varsovie – autre étape prévue.
Un signal qui ne trompe pas quant à la volonté allemande d’imprimer sa marque dans une Europe en pleine recomposition.
