Cette décision intervient trois jours après la destitution d'Ali Bongo, qui dirigeait le pays depuis 14 ans. L'objectif est de promouvoir la "continuité de l'État".
Retour à la liberté de circulation au Gabon après le renversement d’Ali Bongo
En date du samedi 2 septembre 2023, les militaires putschistes qui ont renversé Ali Bongo, dirigeant du Gabon pendant 14 ans, ont fait une annonce marquante : celle de la réouverture des frontières du pays, une décision prenant effet immédiatement. Cette mesure, prise trois jours seulement après le renversement d’Ali Bongo, vise à assurer la « continuité de l’État ».
Cette résolution intervient deux jours avant la prise de fonction, en tant que « président de la transition », du général Brice Oligui Nguema, prévue pour le lundi 4 septembre 2023. La durée de son mandat n’a toutefois pas été précisée.
Une volonté d’instaurer un nouvel ordre juridique et politique
Le vendredi 1ᵉʳ septembre, le nouveau dirigeant du Gabon a formulé des promesses importantes : la mise en place d’une nouvelle Constitution ainsi qu’un code électoral rénové. Par ce geste, il a signifié aux principaux partis de l’opposition de l’ancien régime, qui souhaitaient le retour au pouvoir des civils, notamment en la personne d’Albert Ondo Ossa, arrivé deuxième aux élections présidentielles du 26 août considérées comme frauduleuses, qu’il n’y aurait pas de retour en arrière.
La décision de rouvrir les frontières a été motivée par le désir de « préserver le respect de l’État de droit, d’entretenir de bonnes relations avec nos voisins ainsi que tous les États du monde », a expliqué le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, porte-parole du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), lors d’une déclaration officielle à la télévision d’État.
Il a également réaffirmé la « détermination » des militaires à « honorer » leurs « engagements internationaux ».
Une promesse de plus de démocratie
Le général Oligui Nguema a promis la mise en place d’institutions « plus démocratiques », respectueuses des « droits humains », mais sans aucune « précipitation ». Ces promesses interviennent après une série de rencontres soutenues avec divers partis, le corps diplomatique, les organisations internationales et les bailleurs de fonds.
Il a également pointé du doigt la « corruption » inhérente à l’ancien régime de M. Bongo, dont la famille a régné sur ce petit État pétrolier d’Afrique centrale pendant plus de 55 ans.
Cependant, les autorités n’ont toujours pas levé le couvre-feu actuellement en vigueur sur l’ensemble du territoire, de 18h(17h GMT) à 6h (5h GMT). Néanmoins, « les voyageurs arrivant en République gabonaise ou désireux de partir seront autorisés à circuler sur présentation de leur document de voyage », a précisé M. Manfoumbi Manfoumbi.
Un Gabon en quête d’un nouveau visage
En somme, cette nouvelle ère du Gabon semble marquée par une volonté de renouveau politique et juridique, avec l’espoir que ces changements permettront au pays de s’affranchir de l’ombre de l’ancien régime. Cependant, le chemin vers la démocratie reste semé d’embûches et seul le temps nous dira si ces promesses seront tenues.