Inceste : Un maigre 8% des victimes déclarées sont crues et protégées
Ce jeudi 21 septembre 2023, la Commission Inceste dévoile une analyse basée sur les 27 000 témoignages qu'elle a reçus au cours des deux dernières années. Voici quelques enseignements tirés de cette étude.
Tl;dr
- La Commission Inceste a analysé 27 000 témoignages en deux ans.
- Seuls 8% des victimes ont reçu un soutien social positif.
- La moitié des enfants n’ont pas été mis en sécurité ni reçu de soins.
- La Commission, dont le mandat se termine en décembre, demande à continuer sa mission.
Un appel à la prise de conscience
Une révélation troublante a été faite ce jeudi 21 septembre 2023, par la Commission Inceste, avec la publication d’une analyse de près de 27 000 témoignages recueillis en deux ans. Cette publication, qui intervient en un moment d’incertitude quant à la pérennité de la Commission au-delà de 2023, constitue un vibrant appel à continuer sa mission de protection des enfants contre les violences sexuelles.
Un écho retentissant, mais un soutien insuffisant
Une réaction massive à l’appel à témoignages lancé par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) confirme l’ampleur du problème. Néanmoins, la Commission souligne que seulement 8 % des victimes qui ont parlé ont reçu un « soutien social positif », c’est-à-dire qu’elles ont été crues, écoutées et protégées.
Les conséquences de cette absence de soutien sont dévastatrices. Lorsque la victime est rejetée ou blâmée, elle développe plus de comportements autodestructeurs. En effet, des addictions sont rapportées par 4 victimes sur 10, contre une sur quatre des victimes qui ont été protégées.
Un problème sociétal
Edouard Durand, le coprésident de la Ciivise, rappelle que l’inceste n’est pas qu’une affaire privée, mais un problème collectif, d’ordre public, de santé publique. Pourtant, selon les témoignages recueillis, 1 enfant sur 2 n’a pas été mis en sécurité ni bénéficié de soins.
Les mères, principales figures de protection dans 70% des cas, se trouvent dans un « piège » : elles sont potentiellement accusées de « négligence » ou « complicité » si elles n’alertent pas les institutions, mais risquent d’être accusées de mensonges si elles le font.
La nécessité d’un maintien de la Commission
La Ciivise, dont le mandat prend fin en décembre, souhaite continuer à façonner une politique publique de protection réelle des enfants. De nombreuses personnalités ont réclamé son maintien, et une pétition sur MesOpinions.com a dépassé 17 000 signatures. Le rapport final de la Ciivise sera remis au président de la République en novembre, et la décision concernant la continuation de la Commission sera alors rendue.
