Inflation : les mesures prises par le gouvernement jugées coûteuses et peu ciblées d’après des économistes
Face aux multiples mesures prises par le gouvernement français pour lutter contre l’inflation, les économistes reprochent des aides « coûteuses » et « peu ciblées ».
L’inflation touche de plein fouet la France, et d’autres pays à travers le monde, depuis plusieurs mois. En cause, la reprise économique ou encore le conflit armé en Russie. Face à cette situation, le gouvernement mit en place plusieurs mesures : le chèque énergie, le chèque inflation, le bouclier tarifaire ou encore la ristourne de 15 centimes d’euros sur les prix à la pompe. Jean Castex est en plus de cela venu annoncer un nouveau plan de résilience estimé à un coût global compris entre 4 et 7 milliards en fonction de la durée de la crise. Les mesures précédemment citées et mises en place depuis septembre 2021 font monter la facture à 30 milliards. Les économistes jugent tout de même que ces aides sont trop coûteuses et peu ciblées.
La critique d’économistes face aux mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l’évolution
Dans sa dernière note de conjoncture, l’Insee est venu annoncer que la flambée des prix de l’énergie pourrait faire monter l’indice des prix à la consommation entre 4 % et 4,5 % durant le printemps 2022. Les présidentielles approchant, le pouvoir d’achat se veut ainsi un sujet important pour convaincre les Français.
Face aux mesures mises en place par le gouvernement pour lutter contre l’inflation, Benoît Leguet, directeur de l’Institut d’économie du climat (I4CE), est pessimiste quant à l’avenir : « Face à la crise des prix de l’énergie, éteindre temporairement l’incendie chez les ménages ou les secteurs exposés est indispensable (…) mais cela ne suffira pas : les braises resteront chaudes et s’enflammeront de nouveau à la prochaine crise ».
Des économistes soulignent d’ailleurs que l’État et les entreprises pourraient aussi investir massivement dans des infrastructures et d’autres outils pour favoriser la sobriété énergétique. Thomas Pellerin-Carlin, directeur du centre énergie de l’Institut Jacques Delors souligne ainsi : « Financement de la rénovation globale des logements, pistes cyclables et zones piétonnes, super-primes à l’achat de véhicules électriques pour les ménages modestes, réglementation plus stricte sur les SUV, renforcement des transports communs… Les solutions sont nombreuses pour réduire notre consommation d’énergies fossiles qui financent la guerre de Vladimir Poutine ».
Face à l’augmentation du nombre d’aides, l’opposition se veut assez critique vis-à-vis du gouvernement. La candidate Les Républicains (LR) Valérie Pécresse avait notamment accusé le président de la République Emmanuel Macron de « cramer la caisse ».
Pour rappel, les 25 à 26 milliards d’euros évoqués par le gouvernement afin de lutter contre l’inflation se décomposent de la façon suivante d’après Bruno Le Maire : « 10 milliards d’euros sont consacrés au plafonnement du prix du gaz, 8 à 10 milliards d’euros pour le plafonnement des tarifs réglementés de l’électricité, 2,8 milliards d’euros pour la ristourne de 15 centimes par litre de carburant, 3 milliards d’euros pour l’indemnité inflation et 25 millions d’euros pour l’aide aux entreprises très dépendantes de l’énergie », rappelle La Tribune.
