Imane Khelif, victime de harcèlement en raison de son hyperandrogénie, se battra vendredi en finale de boxe dans la catégorie des -66 kg. Pour comprendre la polémique, nous vous éclairons sur la nature de ces tests de féminité. Et vous, qu'en pensez-vous ?
TL;DR
La polémique autour d’Imane Khelif
La boxeuse algérienne Imane Khelif, engagée dans la catégorie des -66 kg aux Jeux Olympiques de Paris 2024, est au cœur d’une polémique qui dépasse le simple cadre sportif. Malgré les critiques et les attaques personnelles, elle continue de se battre avec courage et détermination. Elle est devenue un symbole de résistance face à l’intolérance et a suscité un débat mondial sur les « tests de féminité » en sport.
Un combat qui dépasse le ring
En effet, après une victoire éclair contre l’Italienne Angela Carini, qui a jeté l’éponge après seulement 46 secondes, certains ont remis en question la féminité de Khelif, qui présente un physique androgyne. Elle a été accusée d’être un homme, ou transgenre, concourant injustement dans la catégorie des femmes. Des personnalités ultra-conservatrices comme la Première ministre italienne Giorgia Meloni, J.K. Rowling, Elon Musk et Donald Trump se sont jointes à ce chœur de détracteurs.
Les « tests de féminité »
Les critiques se sont appuyées sur la décision de la Fédération internationale de boxe (IBA) de disqualifier Khelif des Championnats du monde 2023 suite à un « test de genre ». Khelif, qui est hyperandrogène (présentant des taux d’hormones masculines élevés), a échoué à ce test controversé.
Selon Maître Anne-Andréa Vilerio, avocate en droit public, ces tests, instaurés en 1930, ont évolué au fil du temps. Aujourd’hui, la vérification du taux de testostérone dans le sang, appelée « sexe hormonal », est la norme. « Il n’a jamais été prouvé qu’un taux de testostérone élevé améliore les capacités », souligne-t-elle.
Une législation à revoir ?
Les fédérations sportives établissent leurs propres règles pour vérifier le genre des athlètes. Cependant, cette pratique est critiquée et a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en 2018, dans le cas de l’athlète Caster Semanya. Il reste à espérer que ces décisions puissent conduire à une évolution des règles sportives et à une plus grande tolérance envers les athlètes hyperandrogènes.