Journaliste AFP Arman Soldin, tué en Ukraine, décoré Chevalier de la Légion d’Honneur
Le 9 mai précédent, Arman Soldin, âgé de 32 ans, perdait la vie durant une offensive de missiles russes aux abords de Bakhmout. Suite à son décès, une vague de témoignages de respect et de reconnaissance avait déferlé, saluant l'excellence de son travail.
Le 9 mai de l’année en cours, Arman Soldin, âgé de 32 ans, a tragiquement perdu la vie lors d’une attaque de roquettes provenant de Russie, à proximité de la ville de Bakhmout. Les nombreuses réactions et hommages pleuvaient à la suite de son décès, mettant en valeur son exceptionnel travail journalistique.
Une décoration posthume pour Arman Soldin
Arman Soldin, ex-coordinateur vidéo de l’Agence France-Presse, a été récompensé chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, d’après les informations divulguées dans le Journal officiel du vendredi. Décerné « au grade de chevalier » et « avec effet du 28 juin 2023 », la décoration d’Arman Soldin a été officialisée par « décret du président de la République en date du 13 juillet 2023 », comme mentionné dans le Journal officiel paru dans la nuit de vendredi.
Une tragique disparition près de Bakhmout
Lors d’une attaque de roquettes Grad russes dans l’Est de l’Ukraine, à proximité de la ville assiégée de Bakhmout, Arman Soldin a trouvé la mort. Il faisait partie d’une équipe de cinq reporters de l’AFP qui accompagnaient des militaires ukrainiens sur le front le plus actif, près du village de Tchassiv Iar. Il n’avait que 32 ans.
« Nous sommes émus et touchés par cette distinction pour Arman », a affirmé le directeur de l’information de l’AFP Phil Chetwynd. Cette décoration posthume « honore son superbe journalisme et aide à garder sa mémoire vivante », a-t-il ajouté.
Un journalisme emprunt d’humanité
Arman Soldin, apprécié pour son humanisme et décrit par ses collègues comme un journaliste « toujours sérieux » qui « filmait au plus près » même dans les situations les plus périlleuses. Il « avait cette capacité rare à trouver des bouffées de vie et même je dirais de poésie dans l’horreur. Au milieu du chaos et de la violence, il ne manquait jamais de documenter avec humanité le quotidien d’une population en lutte pour sa survie », a salué la ministre de la Culture Rima Abdul Malak, lors d’un hommage tenu à l’AFP le 1er juin.
Un enfant de la guerre
Arman Soldin, expérimenté, en poste à Londres avant de partir pour l’Ukraine, y était le coordinateur vidéo depuis septembre 2022 et se rendait régulièrement sur le front d’une invasion déclenchée par la Russie en février de cette année et qui fait toujours des ravages. Enfant de la guerre, originaire de Bosnie à l’Est ukrainien, Arman Soldin avait fui Sarajevo pour la France dans les bras de sa mère, alors qu’il n’avait qu’un an.
« J’aurais aimé que je sois moins fière de toi, et toi plus vivant. J’aurais aimé continuer de t’aimer, à mes côtés », a déclaré celle-ci lors de ses funérailles.
Une enquête pour crime de guerre en cours
Le 10 mai, le parquet antiterroriste français a ouvert une enquête pour crime de guerre, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine et destinée à établir les circonstances du drame.
Arman Soldin est parti « la caméra à la main » avec un « beau visage » ne trahissant aucune souffrance. Dimitar Dilkoff, photographe de l’AFP, a vécu l’instant d’avant avec lui : « Il était comme toujours, il plaisantait ».
