Justice attendue pour Frédéric Péchier, l’anesthésiste accusé d’empoisonnement et de meurtres multiples
Entre 2008 et 2017, on suspecte Frédéric Péchier d'avoir délibérément contaminé des sacs de perfusion pour causer des arrêts cardiaques chez ses patients, afin de démontrer ses compétences en réanimation. Quelles étaient ses véritables motivations ?
TL;DR
- Frédéric Péchier, anesthésiste, soupçonné d’empoisonnements de patients.
- Il est renvoyé devant les assises pour 30 cas, dont 12 mortels.
- Péchier risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Un cas sans précédent dans l’histoire judiciaire française
L’affaire Frédéric Péchier, du nom de cet anesthésiste de Besançon, marque un tournant inédit dans l’histoire judiciaire française. Ce praticien est en effet soupçonné d’avoir volontairement « pollué les poches de perfusion de patients » entre 2008 et 2017. L’objectif présumé ? Provoquer des arrêts cardiaques pour ensuite intervenir en tant que réanimateur.
Du statut d’accusé à celui de prévenu
Après sept ans d’instruction, le docteur Péchier se retrouve renvoyé devant la cour d’assises du Doubs pour les empoisonnements de 30 patients, dont 12 mortels. Malgré une défense affirmant son innocence, l’ordonnance de mise en accusation a été signée le 6 août 2024. Pour ces actes présumés, l’anesthésiste de 52 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un acte de provocation plus que d’euthanasie
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est son caractère « sans précédent » selon le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Il insiste : « on n’est pas du tout dans un cadre d’euthanasie ». En effet, les victimes étaient pour la plupart en bonne santé, venant subir des opérations courantes. Le pronostic vital n’était pas engagé.
Selon l’accusation, les médecins en conflit avec Péchier étaient visés, les patients n’étant que des « vecteurs pour les atteindre ». La défense a maintenant 10 jours pour contester ce renvoi devant les assises. Le procès, lui, ne pourra se tenir avant l’année prochaine.
