Michel Biero avait qualifié de "honte" une étude de l'association Familles rurales portant sur les prix pratiqués entre autres dans les magasins de l'enseigne.
C’est Capital qui révèle que Familles Rurales attaque Le directeur exécutif achats et marketing de Lidl France en justice pour dénigrement, en raison de propos tenus en 2019. L’association de défense des consommateurs, qui publie tous les ans un observatoire des prix, demande 45 000 euros au cadre de Lidl dont 30 000 euros pour le préjudice subi par l’association et 15 000 pour le préjudice porté à la collectivité de consommateurs. Pour Familles Rurales, Michel Biero a « jeté le discrédit sur l’Observatoire des prix 2018 », portant ainsi atteinte à son image de marque.
L’étude, « une honte »
À l’antenne de France Inter, M. Biero avait qualifié de « honte » cette étude, qui portait sur les prix pratiqués dans différentes enseignes de grande distribution. D’après lui, des produits de gammes différentes étaient comparés pour établir ce palmarès : « C’est quand même n’importe quoi qu’une étude compare des choux et des carottes. On marche sur la tête », avait-il déclaré. Familles Rurales expliquait dans son étude que les enseignes du hard discount comme Lidl étaient désormais plus onéreuses que les premiers prix des supermarchés et hypermarchés traditionnels. Le Figaro rapporte que « Cette étude illustre une tendance de fond (…) alors que les enseignes classiques ont été obligées, face à la concurrence des hard discounters, de revoir leurs prix à la baisse, ces derniers ont parallèlement opéré une montée en gamme ».
Dénigrement ou diffamation ?
Cet épisode judiciaire est le deuxième opposant l’association à Lidl. En effet, à l’été 2020, le juge de la mise en l’état du tribunal judiciaire avait indiqué qu’une procédure en « dénigrement » n’était pas adaptée car le patron de Lidl n’avait pas critiqué les produits d’une organisation concurrente. Avait alors été considéré, conformément aux arguments de Michel Biero, que Familles Rurales aurait dû entamer une procédure pour « diffamation ». Seulement il y a quelques semaines, la cour d’appel de Paris est revenue sur la décision, considérant que « le discrédit est porté sur l’enquête et en aucun cas sur l’association ou ses dirigeants. La plainte ne peut donc pas s’analyser comme une procédure en diffamation contre Familles Rurales ». L’affaire est donc renvoyée devant le tribunal judiciaire pour un jugement sur le fond, cette fois.