Le défi de l’agriculture française : se détacher des pesticides, devenus un poison

En France, la majorité des agriculteurs considèrent toujours les pesticides comme un outil indispensable à leur production, tant qu'une alternative efficace ne leur est pas proposée. Quel pourrait être cette alternative viable ?

  • Les agriculteurs français voient les pesticides comme un « moyen de production ».
  • Malgré des efforts pour diminuer leur usage, l’utilisation de pesticides a augmenté en France.
  • Des objections sont soulevées contre les efforts pour trouver des alternatives aux pesticides.

La perception des pesticides en France

En France, première puissance agricole européenne, les pesticides sont perçus comme un indispensable « moyen de production » par de nombreux agriculteurs. Malgré les objectifs de réduction d’ici 2030, bon nombre d’entre eux refusent de renoncer à leur utilisation sans une solution alternative viable.

La réalité de l’utilisation des pesticides

L’utilisation globale des pesticides a augmenté depuis 1990. En France, on observe une augmentation de 7% en 2021, même si elle a diminué de 29% par rapport à 1990. Cette réalité place la France dans la moyenne des pays de l’Union européenne, avec 3,7 kilogrammes de substances actives utilisées par hectare en 2021, selon l’agence onusienne FAO.

La question des alternatives

Face à cette situation, la question des alternatives se pose. Le plan français Ecophyto 2030 vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2030, tout en préservant la compétitivité. Il envisage notamment de trouver des solutions alternatives à 75 molécules, représentant près de 80% des volumes vendus en France. Cependant, cette démarche est contestée par certains agriculteurs, « A partir du moment où l’on remplace un produit efficace (mais considéré comme nocif) par un produit moins efficace, on est obligé de le passer plus souvent dans les champs », affirme Éric Thirouin, représentant des producteurs de blé. Selon lui, il faut donc sortir de cette « logique par substitution ».

La position des syndicats

Pour les syndicats majoritaires, ces changements imposeraient une réduction de la production et une destruction des filières. Ils se réjouissent du renouvellement de l’herbicide controversé glyphosate pour 10 ans et critiquent les « distorsions énormes de concurrence » au sein de l’UE, considérant que la France est allée plus loin et plus vite que ses voisins.