Le Parlement européen se penche ce mercredi sur le contenu du pacte Migration et Asile
Le « Pacte sur la migration et l'asile », critiqué par les ONG, est le résultat d'un compromis délicat sur une question qui a engendré des tensions et des divisions parmi les 27 pays membres pendant longtemps. Quelles seront les prochaines étapes ?
TL;DR
- Les eurodéputés votent sur une importante réforme de la politique migratoire de l’UE.
- Le « Pacte sur la migration et l’asile », dénoncé par les ONG, est un compromis complexe.
- La réforme implique un durcissement des contrôles aux frontières et un système de solidarité entre États membres.
La politique migratoire de l’UE en discussion
Le mercredi 10 avril 2024 marque une étape cruciale pour la politique migratoire de l’Union Européenne. Les eurodéputés sont appelés à se prononcer lors d’un vote sur une vaste réforme qui vise à durcir les contrôles des arrivées aux frontières européennes et à instaurer un système de solidarité entre les États membres.
Un compromis complexe
Ce projet, baptisé le « Pacte sur la migration et l’asile », est né d’un compromis complexe et a été source de tensions et de divisions entre les Vingt-Sept durant de nombreuses années. Il est aujourd’hui sur la table du Parlement européen et fait l’objet de vifs débats avant le vote final.
La refonte des règles se base sur une proposition de la Commission présentée en septembre 2020, après l’échec d’une précédente tentative de réforme suite à la crise des réfugiés de 2015.
Oppositions et soutiens
Le Pacte migratoire suscite des réactions contrastées. D’un côté, il est soutenu par les trois principales familles politiques européennes – PPE (droite), Socialistes et démocrates (S&D) et Renew Europe (centristes et libéraux). De l’autre, il est critiqué par une grande partie de l’extrême droite, ainsi que par les Verts, la gauche radicale et certains socialistes.
Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, Amnesty International, l’International Rescue Committee, ou encore Oxfam, ont également appelé les eurodéputés à rejeter le Pacte, s’inquiétant d’une « criminalisation » des exilés.
Un système plus complexe
L’expert Jean-Louis De Brouwer, directeur du programme Affaires européennes de l’Institut Egmont, émet des « doutes solides sur l’avenir du pacte », le jugeant « extraordinairement bureaucratique et technocratique ». Il craint qu’un système plus complexe n’encourage pas les États membres à respecter les nouvelles règles.
Après le vote, si le Pacte est approuvé, il devra encore être formellement validé par les États membres. La Commission européenne présentera ensuite un plan de mise en œuvre d’ici juin.
