Mardi 18 juin, devant une commission d'enquête du Sénat américain, Dave Calhoun a admis la gravité de la situation relative à la qualité de production de son entreprise. Quelles seront les prochaines étapes pour améliorer la situation?
- Dave Calhoun de Boeing admet des problèmes de production.
- Des excuses publiques sont présentées aux victimes des crashes.
- Boeing risque des poursuites pénales pour non-respect des obligations.
Un aveu de faillite
Le mardi 18 juin dernier, Dave Calhoun, PDG de Boeing, s’est présenté devant une commission d’enquête du Sénat américain. Il a alors fait face à la gravité de la situation concernant la qualité de production de l’avionneur. Il a déclaré : « Nous comprenons la gravité, et nous nous engageons à aller de l’avant en toute transparence et prise de responsabilité, tout en augmentant l’investissement des employés. »
Des excuses publiques
Dave Calhoun a profité de cette occasion pour présenter des excuses publiques. Un geste d’importance, notamment pour les proches des victimes des crashes de Boeing 737 MAX 8 en 2018 et 2019, présents dans l’audience. « Je m’excuse pour le chagrin que nous avons causé, et je veux que vous sachiez que nous sommes totalement mobilisés, en leur mémoire, à travailler et à nous concentrer sur la sécurité aussi longtemps que nécessaire. » a-t-il déclaré.
Une culture de profit accusée
Ces aveux n’ont pas manqué de susciter des réactions. Le sénateur démocrate Richard Blumenthal, président de la commission d’enquête, a accusé Boeing d’avoir une culture qui privilégie le profit au détriment de la sécurité. Il a même reproché à Dave Calhoun une « érosion de la culture de sécurité » pour « prendre soin de (ses) actionnaires ».
Des poursuites pénales en vue?
Au-delà des excuses, le groupe Boeing risque des sanctions juridiques. En effet, plusieurs audits et enquêtes ont identifié de nombreux problèmes de « non-conformité » et des lacunes, en particulier dans le contrôle qualité. Le ministère américain de la Justice a même évoqué la possibilité de poursuites pénales devant un tribunal fédéral du Texas. Une situation qui incite Boeing à revoir ses procédures, comme le démontre le « plan d’action complet » remis fin mai aux régulateurs de l’aviation (FAA).