Lorsqu'on observe un match des frères Lebrun, on les entend souvent s'exclamer "Tcho" après chaque point marqué. Mais savez-vous pourquoi ils font cela?
TL;DR
- Les frères Lebrun ont popularisé le cri « Tcho » dans le ping-pong.
- Le langage du sport joue un rôle important dans les compétitions.
- Ce langage peut influencer la perception de l’adversaire et le résultat du match.
Le cri « Tcho » des frères Lebrun, plus qu’un simple cri
Les frères Lebrun, Félix et Alexis, ont fait sensation lors des Jeux olympiques de Paris en tennis de table. Leur popularité a explosé après un échange sur Twitter avec Antoine Griezmann. Ils ont popularisé le cri « Tcho », qui a suscité beaucoup de curiosité et de réactions amusantes sur les réseaux sociaux. Alexis Lebrun explique ainsi : « À la base, c’était ‘Tcho’ et puis ‘Tchosé’ puis, après, c’est parti en sucette ».
Le langage sportif : une dimension performative
Les cris des sportifs pendant les compétitions, loin d’être anodins, sont en réalité une partie intégrante de la stratégie de jeu. Selon Artur Gałkowski, le langage du sport est une variété spécialisée de la langue avec son propre lexique. Il est utilisé tant par les professionnels que par les amateurs et même par les usagers ordinaires de la langue. Il a une fonction performative : c’est un moyen de libérer la pression comme le témoigne Alexis Lebrun : « On est un sport sous haute pression et ça permet parfois de libérer cette pression, témoigne Alexis Lebrun. Le fait de crier nous permet derrière d’être plus relâchés. »
Influencer l’adversaire : la performativité du langage
Mais le langage sportif n’a pas que pour but de libérer la pression : il peut aussi influencer l’adversaire. Un article de 2006 intitulé « Influencer les jugements de l’adversaire au cours des interactions sportives compétitives : un exemple en tennis de table », publié dans European Review of Applied Psychology, identifie des communications verbales adressées à l’adversaire ou à soi-même qui ont pour fonction d’attirer l’attention de l’adversaire sur soi, de lui faire perdre de la concentration, et aussi d’affirmer une posture qui entamera sa confiance.
La communication entre le joueur et son coach
Enfin, le langage intervient aussi dans la relation entre le joueur et son entraîneur. Nathanaël Molin, l’entraîneur des frères Lebrun, met l’accent sur l’importance de la communication entre le joueur et l’entraîneur. Le langage peut aider à gérer le stress et les émotions pendant la compétition. Il conclut : « Je lui ai dit une chose que j’avais dans la tête depuis très longtemps. Juste avant de rentrer sur la table, à la fin de l’échauffement : ‘ça ne fait pas deux jours que tu te prépares pour ce match, ça fait 17 ans, et ton coach se prépare à ça depuis 20 ans, on est prêts’ ».
Ainsi, le langage sportif, bien plus qu’un simple lexique, joue un rôle crucial dans la performance des athlètes et la gestion de leur stress. Les cris des frères Lebrun en sont une brillante illustration.