Les médecins européens peuvent-ils combler les déserts médicaux ? Le défi de l’équivalence des diplômes dans l’UE
Si un médecin, généraliste ou spécialiste, obtient son diplôme dans l'UE, la France reconnaît automatiquement ses compétences. Cependant, ce système n'est pas sans failles. Quelles pourraient être les limites de cette approche ?
TL;DR
- Les diplômes médicaux de l’UE sont automatiquement reconnus en France.
- Le système de reconnaissance a ses limites et ne résout pas les déserts médicaux.
- Les médecins de l’UE ne sont pas une solution pérenne aux manques de soins.
Reconnaissance automatique des diplômes médicaux de l’UE en France
Les médecins formés au sein de l’Union Européenne peuvent exercer en France sans avoir à faire valider leurs compétences, grâce à un accord conclu entre les États membres. Selon le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), en 2023, 15 693 médecins à diplôme européen étaient inscrits en France, sur un total de 234 028 médecins actifs.
Un système de reconnaissance avec ses limites
Malgré les apparences, le système de reconnaissance automatique n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Pour exercer en France, les médecins doivent obtenir l’approbation de l’Ordre national des médecins. En cas de lacunes dans le dossier du médecin, celui-ci est orienté vers le Centre national de gestion (CNG), qui vérifie que le niveau de formation est équivalent à celui exigé en France. En cas de défauts, des mesures compensatoires, comme un stage d’adaptation ou une épreuve d’aptitude, peuvent être imposées.
La question des déserts médicaux
Le système actuel a certes permis de combler en partie les déserts médicaux, mais il est loin d’être la solution. D’après le Dr Frédéric Joly, secrétaire général adjoint du CNOM, les médecins étrangers sont souvent attirés par le privé et n’ont aucune obligation de rester dans un territoire donné. De plus, la maîtrise du français peut s’avérer être un obstacle majeur, surtout en situation d’urgence.
Des améliorations à apporter
Face à ces limites, des pistes d’amélioration sont envisagées, dont une harmonisation des niveaux de formation au sein de l’UE. Cependant, le Dr Jean-Christophe Nogrette, secrétaire général adjoint du syndicat MG France, souligne qu’il ne faut pas appauvrir d’autres pays de leurs professionnels de santé pour résoudre les problèmes français. Il conclut en affirmant qu’il ne faut pas faire de la mobilité intra-européenne le remède aux déserts médicaux.
