Dans le livre intitulé Le prix du berceau, deux reporters mettent en lumière les problèmes internes rencontrés dans certaines crèches, où le confort des petits semble être relégué au second plan.
Le bien-être des enfants dans les crèches interrogé
Dans l’ouvrage Le prix du berceau, deux journalistes, Daphné Gastaldi et Mathieu Périsse, font état de graves dysfonctionnements au sein de certaines crèches, où la rentabilité semble primer sur le bien-être des enfants. Ce travail d’investigation, qui fait suite à un rapport alarmant de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) publié en avril dernier, a de quoi ébranler le milieu de la petite enfance.
En effet, surbooking, repas rationnés et personnel débordé sont autant de pratiques dénoncées dans ce livre, qui sortira en librairie le vendredi 8 septembre 2023. Les similitudes avec la situation des Ehpad, mise en lumière par Victor Castanet dans son ouvrage Les fossoyeurs : révélations sur le système qui maltraite nos aînés (Fayard, janvier 2022), sont troublantes.
Des témoignages accablants
Plus de 200 témoignages, recueillis auprès de parents, de cadres et d’employés, viennent étayer les propos des journalistes. Parmi les cas les plus frappants, celui d’une crèche des Bouches-du-Rhône où les enfants sortent « la faim au ventre » en fin de journée. L’enquête révèle que les repas y étaient rationnés, manquant « entre trois et cinq repas deux jours par semaine ».
D’autre part, une crèche près de Lyon est pointée du doigt pour sa pratique du « surbooking« , consistant à augmenter le nombre d’enfants accueillis au-delà de sa capacité maximale d’accueil. Une pratique similaire à celle des compagnies aériennes, visant à maximiser leur taux de rentabilité. Le marché est dominé par quatre principaux acteurs : Babylou, le réseau Grandir, La Maison Bleue et People & Baby.
Un appel à la vigilance
Élisabeth Laithier, présidente du comité filière petite enfance, a déclaré sur franceinfo comprendre « l’effroi des parents qui découvrent de telles pratiques ». Elle invite les crèches à dire « stop » aux cadences élevées pour réduire les coûts.
La dégradation de la qualité d’accueil et la dégradation de vie au travail peuvent conduire à des situations de maltraitance. Même s’il y a un cas, c’est un cas de trop […] C’est impardonnable, inqualifiable, car on s’adresse à des tout-petits, des êtres sans défense.
Au printemps 2022, un tragique incident a coûté la vie à un bébé de 11 mois dans une crèche du 3ᵉ arrondissement de Lyon, qui avait ingéré un produit toxique. Une employée a été mise en cause pour « homicide volontaire ».
Une réponse gouvernementale attendue
Olivier Veran, porte-parole du gouvernement, a annoncé qu’il « faut entrer pleinement dans la culture du contrôle » dans les crèches, qu’elles soient publiques ou privées. Une disposition déjà évoquée par la Première ministre, Elisabeth Borne, qui souhaite instaurer une fréquence minimale de contrôle dans ces établissements.
Le bien-être des tout-petits est un « chantier prioritaire » pour le gouvernement, qui prévoit d’investir 5 milliards d’euros dans ce domaine.