Le gouvernement étudie un relèvement du plafond du Livret A à 30 000 euros. Pour les épargnants, le gain resterait limité, mais l’enjeu est ailleurs.
En bref
- Le plafond du Livret A pourrait monter à 30 000 euros
- Le gain annuel maximal approcherait 120 euros nets
- La mesure vise surtout le financement climatique
Avec un plafond porté de 22 950 euros à 30 000 euros, le Livret A permettrait surtout de déposer 7 050 euros de plus. Pour l’épargnant déjà au maximum, le gain n’a rien de spectaculaire, mais il est réel.
Pour vous, le gain existe mais il reste assez contenu
Dans l’hypothèse retenue, un Livret A rempli à 22 950 euros au 1er janvier 2026 rapporterait 367,20 euros sur l’année, avec un taux de 1,7 % en janvier, 1,5 % de février à juillet, puis 1,7 % d’août à décembre.
Si le plafond passait à 30 000 euros au 1er octobre et que les 7 050 euros supplémentaires étaient versés tout de suite, cette somme ne commencerait à produire des intérêts que le 16 octobre, à cause de la règle des quinzaines. Résultat, ces 7 050 euros ajouteraient 24,97 euros d’ici au 31 décembre. Le total atteindrait donc 392,17 euros nets pour 2026.
Sur une année pleine, l’écart devient plus visible. En 2027, avec 30 000 euros rémunérés à 1,7 %, les intérêts monteraient à 510 euros. Avec un plafond inchangé à 22 950 euros, ils seraient de 390,15 euros. Le supplément atteindrait donc 119,85 euros par an. Pas négligeable, mais on reste sur un produit d’épargne très sécurisé, pas sur un placement qui change tout.
Pourquoi l’exécutif regarde cette option
Derrière cette piste, l’objectif n’est pas d’abord de mieux rémunérer les ménages. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a avancé cette idée au moment de présenter le bilan climatique de l’été. Elle a rappelé, en parlant de la chaleur observée, « Nous avons vécu l’été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900 ».
L’idée consiste à augmenter les encours disponibles sur les 58 millions de Livrets A. Selon le ministère de l’Économie, cette épargne sert déjà au logement social et à la politique de la ville. Avec un plafond plus haut, la Caisse des dépôts pourrait accorder davantage de prêts de long terme pour financer l’adaptation au changement climatique.
Une mesure loin d’être validée
Le point important, c’est que rien n’est acté. La proposition a été bien reçue par la Caisse des dépôts, mais elle n’a pas encore été arbitrée par Matignon ni validée par Bercy.
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, estime que le relèvement pourrait générer 10 milliards d’euros d’encours supplémentaires. Mais il prévient aussi, en gros, qu’un plafond plus élevé ne garantit pas automatiquement plus d’investissement.
En face, la Fédération française bancaire rejette la mesure. Elle juge qu’elle bloquerait encore plus l’épargne dans un placement liquide et garanti, au lieu de l’orienter vers les financements de long terme dont les entreprises ont besoin. C’est là que se joue le débat, bien plus que sur les quelques dizaines d’euros gagnés en fin d’année.